espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

vendredi 30 décembre 2011

ce qui est à vivre est à

Nationale

La nationale est partout la même
ce qui est à vivre est à varier.
La ligne blanche même courbe
est le fil de conduite. Autour les
arbres et les feuilles composent,
d’un vert à l’autre, sans rime particulière.
Bien qu’ identique j’ose croire être différent,
que je double ou pas.

© Fabrice Farre,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://fabrice.farre.over-blog.com/
 

samedi 24 décembre 2011

tu questionnes la statue qui parle

© Graeme Williams pour la photo 
et avec son aimable autorisation,
son site  http://www.graemewilliams.co.za/


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mercredi 21 décembre 2011

au téléphone tu n'peux pas


plusieurs morceaux faïence papier
tu disposes, Else, des emballages des boîtes des pots et puis des tubes des piles de feuilles plusieurs morceaux faïence papier du temps entier quelques plants verts c'est tout en rangs c'est bien rangé tu ne réponds pas au téléphone, tu comptes aussi les pommes de terre les trilles d'oiseaux et toutes les heures de ton silence quand Sven revient tu lèves la tête

Lou Raoul, extrait de Sven, © Éditions Gros textes 2011

mardi 29 novembre 2011

de ton lointain l'étoilé

On y est pour quelqu'un
quand le rêve pétrit
à distance les moraines

Alain Le Saux, Crucifiction, © Ed. Les Hauts Fonds

mardi 15 novembre 2011

tes pas de deux vers le Queffleuth


La terre rouge et l'eau du puits me suffisent. Nul ne peut me comprendre, pas même moi. Je suis peut-être un ange aux ailes brisées. C'est pour cela que les feuilles d'automne me reconnaissent.

Jean-Marie Kerwich, L'Évangile du gitan, © Éditions Mercure de France


mercredi 9 novembre 2011

et tout ça toujours, toi aussi

 






 




















J’ai toujours aimé le brouillard cachant les paysages,
les mannequins, les épouvantails, les miroirs brisés.
J’ai toujours aimé la rouille, l’érosion et la ferraille.


Les conteneurs sont déposés dans la cale des navires comme des corbeilles de fleurs.
La ligne séparant la terre de la mer fulgure comme la foudre.
Dans l’immense balcon du monde règnent les conflits et le commerce.


J’ai toujours aimé les piliers qui supportent les ponts,
les bateaux en partance, les phares et les grues.
J’ai toujours aimé l’Océan et les signaux des sémaphores.

Là où vivent les morts je vivrai un jour,
en cet endroit inexistant que les dieux temporaires
ont réservé aux cendres qui ne sont rien ni personne.


Et j’ai toujours aimé la neige qui tombe sur les platanes
qui bordent la Seine, tandis que les péniches
passent lentement sous les ponts.

Le fourmillement clair des eaux claires
éclate dans le matin sous l’illustre
ciel bleu soutenu par les oiseaux.

Ivo Lêdo, extrait de Requiem traduit et publié par Philippe Chèron  sur le site
Œuvres ouvertes de Laurent Margantin
http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article295

lundi 7 novembre 2011

il faut que je pleure un peu, dit-elle, s'éloignant me laissant seule

rendez-vous sur la lande
à l’endroit où l’on s’est épris
les gens sont des légendes
mais leurs âmes prennent le maquis
dans les herbes folles
tu peux courir
c’est pas un jeu

et ces mots-là d’encore Alain Bashung je peux les chanter

 Lou Raoul, extrait de Traverses, © Éditions
  Isabelle Sauvage 2014

samedi 5 novembre 2011

dans ton creux


J’ai écouté un frère hésitant aux yeux mouillés d’aveux, caressé un monstre au doux pelage, embrassé les perles et les diamants d’un petit prince chu d’une lointaine planète, comblé du présent. 
© Kaliane Ung

mardi 1 novembre 2011

l'ignoré, à te dire et dire encore


Il n'y a de corps que des corps tendus vers ce qui n'est pas eux-mêmes.

© Jean-Louis Giovanni, 
extrait de la revue Spirale Inkari 7

lundi 31 octobre 2011

Extrait de Else comme absentée

dans les fourrés, dans les taillis
et aussi au creux des fossés
devant les plis des œillets rouges et y'en a huit
huit œillets rouges
tu te tiens comme tapie là
plus tard, tu tètes ronciers qui dorment
dans le jardin sans épines
tu cuis des orties et du pain
la coriandre pousse

Lou Raoul, Else comme absentée, © Éditions Henry 2011

samedi 29 octobre 2011

ton collier qui est au ciel

Pas de bout, pas aux choses, pas à soi, peut-être pour ça qu’on va sur la digue, on regarde la mer, les falaises, les villas, à la fin on revient, on attend de recommencer, au milieu de la vie qui passe. 

Ludovic Degroote, extrait de La Digue, © Éditions Unes 1995