espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

lundi 31 octobre 2011

Extrait de Else comme absentée

dans les fourrés, dans les taillis
et aussi au creux des fossés
devant les plis des œillets rouges et y'en a huit
huit œillets rouges
tu te tiens comme tapie là
plus tard, tu tètes ronciers qui dorment
dans le jardin sans épines
tu cuis des orties et du pain
la coriandre pousse

Lou Raoul, Else comme absentée, © Éditions Henry 2011

samedi 29 octobre 2011

ton collier qui est au ciel

Pas de bout, pas aux choses, pas à soi, peut-être pour ça qu’on va sur la digue, on regarde la mer, les falaises, les villas, à la fin on revient, on attend de recommencer, au milieu de la vie qui passe. 

Ludovic Degroote, extrait de La Digue, © Éditions Unes 1995

mardi 18 octobre 2011

tout ton temps passé proche

© J K pour la photo

puis ces mots, tels


Puis ces mots, tels qu'ils restent, par cœur,
de la fin d'un type,

parmi les sacs de farine,


les pieds sans terre
Pardonnez les fautes d'orthographe, j'ai bu.
                                                      Je vous aime. 
Et c'est la - qui trotte ou
bien pendue

balance -      phrase ou colonie d'insectes.

Armand Dupuy, extrait de La tête pas vite, © Éditions Potentille 2011

lundi 17 octobre 2011

ma nuit je partage


ma nuit je partage la route de l'ouest avec une dizaine de 38 tonnes et les chauffeurs routiers me protègent comme je vois mal sous la pluie et comme il neige fondu si tôt tangue tangue mon véhicule comme je connais le code cet appel avec les phares les routiers je suis de la famille me protègent merci les plantes vont geler peut-être et le chien hurler à la lune descendante froide comme tous ses mots à lui se sont tus, je n'arrête pas de traverser longuement ces novembres dont celui-ci où j'écoute quand deux ou trois parlent au milieu et une femme vue de dos se tient là vers le village qui n'existe plus, se confondent les propos et la rue où quelqu'un vit - bien sûr que non - où quelqu'un meurt c'est long et l'alcool lentement la porte reste close tous les volets jusqu'en matinée puis quelqu'un bouge aussi bien c'est moi pour ranimer la lumière et l'eau, pour souffler sur la poussière ce que j'ignore toute la somme de tout cela alors la femme de 37 ans se délie et dit ce que l'on tait, l'éphémère, ça flotte c'est quoi je ne sais pas ou plus, demain je regarde et aussi mon frère je m'assois près de lui qui m'annonce 10 jours pour la neige les bûches pour tenir le feu qui sera compagnie du pain des pommes et une soupe chaude avant que je avant que je ne m'envole, même pas un baptême de l'air, avant que je ailleurs ce qui est comme une peur que n'ai-je la force de mes bras raidis alors je laisse ne sais d'où les larmes pas du tout rangées sans doute pour ça

© Lou Raoul, extrait chantier en cours

vendredi 14 octobre 2011

et la langue du dragon




Devant le chrysanthème blanc
Ils hésitent un instant
Les ciseaux

© Buson Yosa (1716 / 25 déc 1783)