espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

mercredi 24 décembre 2025

Reter 12 / 2025 bis / damezell an haleg *

 

        © LRaoul, du-he 'touez an halego


* damezell an haleg gw. leste vert
zoologie ◊ zygoptère de la famille des Lestidae
latin : Chalcolestes viridis
anglais : willow emerald damselfly






lundi 1 décembre 2025

Reter 12 / 2025



© LRaoul, Leptir Ivanka  tvoja , Split 2022

Pas besoin de savoir broder pour broder. Tu entres dans un temps de l'infinie patience, du tout petit. C'est des heures de silence à l'extérieur et de pensées innombrables à l'intérieur.

Anouk Grinberg, Notes de travail in Mon Coeur, © Editions Actes Sud 2022

mardi 18 novembre 2025

Reter 11 / 2025 bis

              Studeni 18

© LRaoul, kroz prozor / dre ar prenestr / par la fenêtre


lundi 3 novembre 2025

Reter 11 / 2025

                                       Remerciements à  Eni K pour l'image.

L'art ne rend pas l'homme meilleur, il ne l'ennoblit pas. L'art est un moyen de vivre, non de connaître la vie.

Varlam Chalamov, Manifeste sur la nouvelle prose / Tout ou rien, Ed. Verdier 1993



vendredi 3 octobre 2025

vendredi 15 août 2025

Reter 8 / 2025

 

                                  © LRaoul, Kolovoz 2016, Dalmacija

mardi 3 juin 2025

Reter 6 / 2025

combien coûte-t-il de dire qu'il est 11 heures 30 le 8 janvier 1985 ?
combien coûte-t-il de dire que c'est vendredi ?
combien de dire que c'est étrange pour le moins embarrassant franchement injuste que certains aient et d'autres pas ?
combien coûte-t-il de penser à une personne lointaine qui ne serait absolument pas si mal si elle près ?
dire loin dire près c'est combien ?
combien coûte-t-il de de donner du courage ? 
combien coûte un a un b un c ?
un point d'interrogation c'est combien ?
une chose gratuitement c'est combien ?
c'est combien demander c'est combien ?
combien coûtent les titres des poèmes ?
combien coûte le titre de ce poème ?
combien coûte le laisser sans titre ?
c'est combien le mot combien ?
combien coûte le mot fin ?

Franco Beltrametti
Et pourquoi moi je dois parler comme toi ? écrits bruts (et non bruts) réunis par Anouk Grinberg, © Le Passeur éditeur 2020

mardi 1 avril 2025

Reter 4 / 2025

Je ne lui dis pas non plus qu'après l'interrogatoire la journée était encore ensoleillée, dans la rue. Et je passai bien des choses sous silence : les gens qui, sans que je comprenne pourquoi, avaient une démarche chaloupée, les bras ballants, alors qu'ils pouvaient se retrouver au ciel en un rien de temps ; les arbres dont les ombres étaient appuyées contre les maisons ; on appelait cette heure le début de la soirée, mine de rien ; je ne dis pas un mot de ma grand-mère qui chantait dans ma tête :

sais-tu combien de nuages courent
aux quatre coins du monde
Dieu les a si bien comptés
qu'il n'en manque aucun.

Je passai sous silence les nuages, dans le ciel, étendus comme du linge blanc au-dessus de la ville. Et les roues du tram qui soulevaient de la poussière, les wagons qui se laissaient traîner et prenaient le même chemin que moi. Et les passagers qui, à peine montés, s'installaient près de la fenêtre comme s'ils étaient chez eux. 

Herta Müller, Animal du cœur, © Editions Gallimard 2012

lundi 3 mars 2025

Reter 3 / 2025

Assise dans le canot avec un groupe de gens charmants, je voyais encore l'île, enveloppée d'un linceul de fine pluie grise. Pourquoi, me demandai-je, voulais-je être enterrée ici ? Pourquoi, compte tenu des perplexités différentes et lancinantes ? Ce n'était pas l'amour, ce n'était pas la haine, mais quelque chose qui n'a pas de nom, parce que le nommer le priverait de sa vérité.

Edna O'Brien, extrait de la nouvelle Vieilles blessures in Saints et pécheurs, © Sabine Wespieser éditeur 2012

lundi 3 février 2025

Reter 2 / 2025

Pendant des heures je regarde à travers la vitre nocturne embuée d’une sueur brûlante.
Un cyprès solitaire, tout revêtu d’âcre poussière,
regarde les fenêtres closes de la maison de mon père
comme le moine qui me suit depuis tant de lieues le long du chemin,
éternellement à mes côtés, pour me lire éternellement un fragment de la légende de la Nouvelle Ville resplendissante, légende que peut-être je vous conterai un jour.


Dans le ciel froid du Nord le soleil roule, paisible, 
soleil géant des Slaves : roue à rayons de bois
qui restera éternellement la cinquième roue
du carrosse des peuples.

Mon rêve au ralenti comme une somnolente cadence :

les longues bandes des plaines infinies sur la Russie vaincue

et soudain un poulain approche, approche de plus en plus – sang neuf à travers la gaze des neiges.


Blaise Cendrars, La légende de Novgorode, © Éditions Fata Morgana 1997