espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

vendredi 26 novembre 2010

jeudi 25 novembre 2010

L'île de T

Je suis allé mettre des pas dans l'ex village de Bober,
comme on va mettre des fleurs au cimetière. 
 
© Pascal Ruef , extrait de L'île de T.

mercredi 17 novembre 2010

mettons

mettons que par ici
s'ils viennent
ça dépend à quelle heure
ils te croiseront

samedi 13 novembre 2010

au fond au loin aussi bien


c'est par où tu vas
c'est tout au bout au fond au loin auprès de
tu fais la paix avec tes diables                                 c'est aussi bien ici

dimanche 7 novembre 2010

la brèche aux cornes

© Jean-Christophe Belleveaux pour la photo,
avec son aimable autorisation


tu vas donc
tu vas
passer ici
suivre la


et franchissant la brèche
t'éloigner d'ici
te rapprocher de


tu vas
tu vas donc
aux herbes aux bêtes aux étoiles

© LR, novembre 10

jeudi 28 octobre 2010

Extrait chantier en cours

la brise légère fait tourner la girouette vois-tu en montant l'escalier alors tu restes longtemps sur le palier, suspendu un sourire sur ta bouche petite et paisible fait pas froid ici  

© Lou Raoul

mercredi 13 octobre 2010

pommes et nashis au petit veau, rencontre d'octobre 10

Extrait de Prairie jaune tanaisie


Roscoat

aussi bien que maintenant rapproché
tu ne prends, Else, pas un train TGV ni un train TER, ni un car, ni une automobile
tu regardes tes pieds chaussés

aussi bien que maintenant rapproché
tu regardes la carte, tous les détours que tu fais
tu regardes la carte, loin des routes passantes tu vas
tu évalues les heures du parcours, quelques soixante kilomètres
les heures pour parvenir sur la rive du Roscoat, ce cours d'eau-là

aussi bien que maintenant rapproché
là un paysage ébréché où tu penses attendre
avec du silence

tout ce que tu ne cherches plus
c'est peut-être aussi bien

© Lou Raoul, extrait de Prairie jaune tanaisie in Else avec elle à paraître aux éditions Isabelle Sauvage au printemps 2012



vendredi 8 octobre 2010

Extrait de Else comme absentée



alors les draps étendus à l'air froid, des reflets blancs sur les fils ça sèche. tu bois de l'eau, tu ne dis rien, tu penses au chèque pour le loyer d'où tu vis. tu couds d'anciennes médailles religieuses vierges des perles et l'écharpe de ton frère tu la suspends. les semelles de tes chaussures sur l'asphalte ne font aucun bruit, tu cherches Andreï Tarkovski, ces images-là.
(...)
Lou Raoul, extrait de Else comme absentée,© Éditions Henry, 2011

lundi 4 octobre 2010

Extrait de quand elle

L'homme se déplace dans le champ, sur son dos est attaché un pulvérisateur en plastique jaune vif. Il sulfate les rangs de pommes de terre. Il ne faut pas que le mildiou les prenne. Elle voit dans l'appentis le vieux pulvérisateur en cuivre, plus lourd que celui en plastique. Dans l'appentis aussi le lavoir en ciment, elle chante en brossant ses chaussures en toile jusqu'à ce que les mots - tiens tu chantes toi !? qui enrouent sa voix pour quelques temps. Elle ne s'arrête jamais devant les images des agences de voyage. Dans le silence d'une chambre haute, quelqu'un parle de l'Inde où il va souvent. Y'a aucune voix à écouter, elle lit ça sur un écran. Elle vit en 2010. Elle mesure si elle est seule ou pas. Comme si c'est un métier d'écrire. Quelqu'une vit dans une maison perchée et en espaliers. Évidemment les bouts de jardin environnants sont eux aussi en espaliers, quelques radis ronds et rouges et blancs à cueillir. Elle n'ose pas encore demander à cette autre femme -disons une voisine- si c'est possible de faire un tour dans son jardin -est-ce que ça se fait ? ça se fait pas ?
- tous les violiers, les lupins et les arums, c'est pas pour déranger. Après elle salue de loin. Plus loin, loin, derrière les chants divers du geai, ronronne une tondeuse. Peut-être un tracteur tondeuse et au volant un homme ou bien une femme qui mâchonne un bout d'herbe. Dans le ciel bleu, volent les chatons des saules qui aiment l'eau. Un bois de saules. Dans ce bois de saules, petit bois de saules, elle veut y être comme si elle peut. Elle répond pas aux questions qui la regardent de haut, maintenant elle dit de ça j'en parle pas. Elle parle pas tellement. Elle pense qu'elle joue le rôle de la folle, enfin qu'elle essaie. Elle devient rien. Juste que tournent les robinets d'eau vive qui éclabousse et mousse avec le passé le présent tout mélangés. Tout mélangés.
(...)

© Lou Raoul, extrait de quand elle in Else avec elle, Editions Isabelle Sauvage 2012

c'est encore


du ciel bleu dans nos yeux
 les nuages laissent

samedi 2 octobre 2010

du tout



ces choses,
cherche encore si c'est la fois où 
ou bien la fois où tu ne sais pas
c'est pas grave
du tout,
sont passées


et l'avion

© LR