espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

mercredi 27 novembre 2013

dva, danas, Kim *

 * deux, aujourd'hui, Kim

 


L'homme ne voit jamais ce qu'un autre homme regarde sans le regarder regarder ce qu'il regarde et ne plus voir que ses yeux devant ses yeux, comme des mains posées sur le monde éteint.
Jean-Luc Parant, Traité de physique parantale,  © Editions Jean-Michel Place / Poésie 2006

jeudi 7 novembre 2013

crven i studeni , Kim *

* rouge et novembre, Kim



Vois ces vanneaux princiers, leur vert étincelant
comme en miroir dans les glaçons des ifs

S'ils sont violents, leur violence est légère

Anne Louarn, Carnet gris,  © Éditions La Rivière Echappée 1993



mardi 5 novembre 2013

i ona spava, Kim *

* et elle dort, Kim



Espérant du sommeil les rêves qui exhaussent votre présence et ce n'est pas toujours. J'essaie devant vous un paysage. Je le replie en petites unités de pages. Dites-moi une chose sans importance.

Anne Parian, ?, © Éditions contrat maint 2010

vendredi 1 novembre 2013

jedan godina, Kim *






C'était venu lentement et puis ça y était ça commençait et puis ç'avait été un peu plus vite et puis ça y était vraiment ça arrivait et puis c'était arrivé et puis ça durait et puis bon on y était et quand on y est on en est là sauf que maintenant on ne s'en soucie pas tellement.

Gertrude Stein, Ida, © Éditions du Seuil 1978


jeudi 24 octobre 2013

diw c'har an diwez-amzer, Kim *

* les jambes de l'arrière saison, Kim

 
 Jean-Marc Undriener pour la photo,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://www.fibrillations.net


 

Personne ne me demande si j'ai l'intention de passer l'hiver au milieu d'eux ; la formule qu'ils utilisent de préférence, c'est : "Alors comme ça, vous allez essayer de faire l'hiver ici ? "

Rick Bass, Winter,  © Éditions Hoëbeke 1998

mardi 8 octobre 2013

the shed by the edge, Kim *

* le hangar près de la lisière, Kim


Qu'est-ce que vous aimez le plus, demandait-il, et elle disait : j'aime être là où je suis. Oh disait-il tout excité, et où êtes-vous. Je ne suis pas ici, disait-elle, je fais bien attention à ça. Non je ne suis pas ici, disait-elle, c'est très agréable, ajoutait-elle en se tournant légèrement, très agréable vraiment de ne pas être ici.

Gertrude Stein, Ida, © Éditions du Seuil 1978

jeudi 19 septembre 2013

her light house, Kim *


* son phare, Kim

 © Masao Yamamoto 

Comment est le silence lorsqu'il est si grand que l'on ne peut le comprendre ?  Lorsqu'il a glissé de sa place et se sent plus lourd que la foudre.
C'est seulement quelqu'un qui navigue hors des forêts. Peut-être n'est-ce pas tellement important. S'arrange tranquillement et avec force. 

Tarjeï Vesaas, La barque le soir, © Éditions Corti 2012


dimanche 18 août 2013

while their feet in a cool water, Kim *


* tandis que leurs pieds dans une eau fraîche, Kim


je suis une langue qui se trace contre le temps qui repasse
celle qui dit que les histoires sont des enveloppes pour la
                       peau que les histoires sont des prétextes dit
                       qu'une histoire de soi plus vraie qu'une
                       autre n'existe pas de jour comme de nuit

Corinne Le Lepvrier, Langues / je viens,  © Éditions La Porte 2013

jeudi 15 août 2013

her necklace too, Kim *

 * son collier aussi, Kim

 Jean-Marc Undriener pour la photo,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://www.fibrillations.net

*
eh dites

" tu écris toujours ? me demande-t-elle au stand 
mitoyen sa vendeuse est partie en vacances 
_ oui je réponds finissant d'agencer 
en façade une caisse ça commence 
à peine_ et qu'est-ce qui t'inspire ? 
je ne sais trop que dire enfin montrant l'allée
 la place balayée par le vent montant 
du sud ce matin les gens :
 _ ça "

Thierry Le Pennec,  Jour de marché,  © Éditions Le Chat qui tousse 2013

vendredi 2 août 2013

her groove, Kim *

* son sillon, Kim

 © Rosedray pour la photo,  
avec son aimable autorisation

Le jour où je m'arrêtai devant un champ de maïs et où j'écoutai le bruissement des longues tiges sèches qui bougent dans l'air, je me rappelai quelque chose que j'avais oublié depuis longtemps. Derrière le champ, un terrain en montée, il y avait le ciel vide. "Ça c'est un endroit où il faut revenir", me dis-je et je m'enfuis presque aussitôt sur ma bicyclette comme si je devais porter la nouvelle à quelqu'un qui était loin. C'est moi qui était loin, loin de tous les champs de maïs et de tous les ciels vides.

Cesare Pavese, extrait de Vacances d'août / Oeuvres, Editions Gallimard - Quarto 2008

vendredi 12 juillet 2013

somewhere else, Kim's day *


* quelque part d'autre, le jour de Kim


              Entre les murs de pierre - et c'est là que l'on préfère être seul, vous est-il dit lorsque l'on est admis là dans son rêve las, lourd comme plomb.
             Comprends pas. Des murs de pierre, qu'ai-je à y faire ? Qu'ai-je à faire entre les murs de pierre.
             On répond :
             Cela aussi était une question.
             Par la suite, l'idée vous en vient.

Tajeï Vesaas, La barque le soir, © Éditions Corti 2012


mardi 25 juin 2013

si ça se peut, Kim K


tout tenait ensemble ici demain comme tout tiendra ensemble ici hier, comme la buée sur la vitre qui empêche de voir les scintillements de la neige et sa fonte, qui ne parle pas forcément de perte ou de disparition, mais dit une eau claire qui lave les pierres et le ciel où le bleu devient suffisant pour s’y tailler un costume d’anniversaire
oui 

Rémi Chechetto, Puisement, © Éditions Tarabuste


mercredi 15 mai 2013

aussi avec ses pas de caoutchouc, Kim





 Jean-Marc Undriener pour la photo,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://www.fibrillations.net

mercredi 8 mai 2013

le cheval fauve dans la question de son temps, Kim

© Masao Yamamoto 


        je sors mes visages tant que j'y suis, les trains s’ébranlent, 
 les avions décollent, quais et parkings d'un monde qui n'existe
 pas, les peaux bronzées sous le ciel bleu font le tour du monde,
 surtout

        ne pas rester sur place, surtout ne pas trop s'éloigner, je
cours dans les bois de Caroline du Nord, au milieu des oiseaux
on entend la sonnerie des téléphones, j'évite d'un bond un long
serpent vert,

Paol Keineg, Abalamour, © Éditions Les Hauts Fonds 2012