Le seul vacarme ici est dans ma tête.
Le reste est chant : oiseaux insectes eau de la fontaine proche ou de la rivière au loin souffles de l’air craquements de branches petits galops des souris qui tentent une sortie vers le placard aux provisions parfois aboiement d’un chien… même un avion là-haut est-il encore origine de bruit ou bien sanctifié par le silence la rareté devient-il lui aussi chant ? et les cloches des chèvres et des moutons dans la montagne celles des vaches en bas dans la vallée et parfois la voix d’un homme ou deux perdus dans cette mer de verdure...
Daniel Biga, L’amour d’Amirat, © Le Cherche Midi Éditeur 1984
