ma nuit je partage la route de l'ouest avec une dizaine de 38 tonnes et les chauffeurs routiers me protègent comme je vois mal sous la pluie et comme il neige fondu si tôt tangue tangue mon véhicule comme je connais le code cet appel avec les phares les routiers je suis de la famille me protègent merci les plantes vont geler peut-être et le chien hurler à la lune descendante froide comme tous ses mots à lui se sont tus, je n'arrête pas de traverser longuement ces novembres dont celui-ci où j'écoute quand deux ou trois parlent au milieu et une femme vue de dos se tient là vers le village qui n'existe plus, se confondent les propos et la rue où quelqu'un vit - bien sûr que non - où quelqu'un meurt c'est long et l'alcool lentement la porte reste close tous les volets jusqu'en matinée puis quelqu'un bouge aussi bien c'est moi pour ranimer la lumière et l'eau, pour souffler sur la poussière ce que j'ignore toute la somme de tout cela alors la femme de 37 ans se délie et dit ce que l'on tait, l'éphémère, ça flotte c'est quoi je ne sais pas ou plus, demain je regarde et aussi mon frère je m'assois près de lui qui m'annonce 10 jours pour la neige les bûches pour tenir le feu qui sera compagnie du pain des pommes et une soupe chaude avant que je avant que je ne m'envole, même pas un baptême de l'air, avant que je ailleurs ce qui est comme une peur que n'ai-je la force de mes bras raidis alors je laisse ne sais d'où les larmes pas du tout rangées sans doute pour ça
© Lou Raoul, extrait chantier en cours
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