Cheminot pendant quarante ans, il manœuvrait les barrières des passages à niveau et s'occupait des aiguillages; pendant quarante ans, comme pour moi, le boulot avait été son seul plaisir et, une fois retraité, il n'aurait pu vivre sans lui. Il s'acheta un vieux poste d'aiguillage d'une ancienne gare désaffectée, l'installa dans son jardin; ses copains, anciens chauffeurs-mécaniciens, dénichèrent à la ferraille une toute petite loco qui avait servi à trimbaler le minerai des hauts fourneaux, une petite loco Ohrenstein et Kopel avec ses rails et trois wagonnets, ils construisirent un circuit entre les arbres du vieux jardin...
Bohumil Hrabal, Une trop bruyante solitude, © Éditions du Seuil 1997
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