La glace de son corps fond
La glace de son corps fond
sous ses paumes.
L'automne des fruits sous ses doigts s'éveille.
L'automne de sa chair.
Il lui dit : ton corps a le parfum
de la mousse sous le fruit.
Cela dit,
deux forêts de pensées têtues
se divisent sur deux versants opposés.
Des caresses de leurs mains, ils abattent
les murailles de rocs séparant leurs yeux.
Il lui dit : je suis saoul de tes jambes.
Elle lui répond :
je suis poussière de l'arc-en-ciel de ton souffle.
Elle lui murmure :
mon corps est baptisé par ton parfum.
Puis ils restent allongés, tout à fait tranquilles.
Au-dessous d'eux, très profondément, bruissent
les deux forêts enchaînées dans la glace.
Mais ils restent allongés, silencieux à la surface du silence.
A ce point muets qu'ils entendent
s'élever entre eux un barrage immense.
Par-dessus, l'eau glacée déborde.
Dane Zajc, La poésie slovène contemporaine, anthologie © Éditions Seghers, 1971
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire