essai sur la poésie
n'importe quand ce sera bon.
juste pas trop vite. ça doit être fait le plus lentement
possible, il faut mettre les bons accents, du raffinement.
juste pas trop vite. ça doit être fait le plus lentement
possible, il faut mettre les bons accents, du raffinement.
que tous les détails soient pris en compte et mis
en évidence, tout façonné de précision
filigrane d'arabesque.
il faut prendre en compte le degré d'humidité,
le tissu cutané, la sveltesse de la peau. le facteur de friction.
caractéristiques différentes de personnalité, préférences,
amours de jeunesse, messages chiffrés
cachés dans les lettres d'amour, écritures secrètes.
pensées vraiment lascives. la sensibilité
des lobes d'oreille, des pulpes des doigts.
plaisir qui nous semble si naturel lors d'une
caresse. le rythme des cils. tout ce qui est hasard, chance,
imprévu, dépendant des forces majeures
et enfoui dans la langage des herbes. les sons du jasmin
dans des tasses-vert-clair-en-porcelaine de Chine,
du pain frais encore un-peu-chaud avec de la confiture.
bonjour matinée de samedi sur le dos nu.
ce n'est pas un vrai dragon.
la poésie c'est ce qui colle.
Tone Škrjanec,
extrait
de Le fleuve les regarde dans les yeux sept poètes
slovènes contemporains / Reka jim gleda v oči/
Sedem slovenskih pisateljev, 2011, © Éditions association des
écrivains slovènes et antenne de la poésie slovène à la maison
de la poésie de Tinqueux, 2011
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