après la guerre
je
faisais semblant de ne pas être un oiseau
dans l’eau
j’attelais deux mondes
je m’offrais aux écailles
ils
étaient indulgents envers mes fausses branchies
je passais en
douce de l’oxygène et de l’amour
aux poissons et aux
plantes aquatiques
leur reconnaissance grandissait avec les
algues et cela ne nous gênait pas
d’être mal intégrés et
moqués
cela ne nous gênait pas
que sur la côte nos
jouets soient cassés
comme les liens de proximité
que
tout soit cassé sauf l’eau qui court trop vite
pour qu’on
puisse l’attraper
Monika Herceg, Ciel sous tension, © Éditions de l’Ollave, 2019
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