Les
plantes indolentes proliféraient et croissaient en soupirant dans
leur feuillage docile. Les bêtes somnolaient ou s’accouplaient
avec résolution, indifférentes à la fatalité et au destin des
hommes, faisant claquer leur haleine épaisse et noble dans l’air
incolore. Dieu n’existait plus ou avait abdiqué, du moins ne
contrôlait-il plus l’immense fourmillement des créatures parmi la
végétation foisonnante. Plus rien désormais ne pouvait intercéder
entre Lui et les êtres vivants.
Christophe
Manon, extrait de Pâture
de vent, © Editions Verdier 2018
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