espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

lundi 12 mars 2012

gravats gris


dans les gravats gris traînent des ailes d'anges

Bernard Noël, Le reste du voyage, © Ed. POL

lundi 27 février 2012

copeaux de mots

Saute sur les bêtes sur le breuil la
Mort ailleurs ce qui s’oublie les voitures
Mal englouties remplies de temps d’éclats
Éparpillés copeaux de mots sur
D’autres mots comme on croit fuir ô fracas
Château d’aiguilles déchiquetées sciure
Sur le sang au bas des marches un rat
Tel un récit et toutes ses chaussures
D’air jusqu’à se taire serrer les murs
L’eau les portes les fentes contre soi

Bernard Vargaftig, Et l'un l'autre Bruna Zanchi, © Éditions Belfond





vendredi 24 février 2012

des passages à niveau

Cheminot pendant quarante ans, il manœuvrait les barrières des passages à niveau et s'occupait des aiguillages; pendant quarante ans, comme pour moi, le boulot avait été son seul plaisir et, une fois retraité, il n'aurait pu vivre sans lui. Il s'acheta un vieux poste d'aiguillage d'une ancienne gare désaffectée, l'installa dans son jardin; ses copains, anciens chauffeurs-mécaniciens, dénichèrent à la ferraille une toute petite loco qui avait servi à trimbaler le minerai des hauts fourneaux, une petite loco Ohrenstein et Kopel avec ses rails et trois wagonnets, ils construisirent un circuit entre les arbres du vieux jardin...

Bohumil Hrabal, Une trop bruyante solitude, © Éditions du Seuil 1997

mardi 7 février 2012

mercredi 1 février 2012

à ta porte


Les anges resteront, ineffaçables coquilles.
Gli angeli resteranno, inespungibili refusi.

Eugenio Montale
(Extrait du poème Là-bas / Laggiù 1969, Satura)

mardi 31 janvier 2012

ta valise, d'autres pages

Je n'ai vu comme l'espoir tombe et se perd,
Comme demeure le désir et jamais n'est empli,
Si bien que le cœur lassé touche le soir.

Non vidi come speme cada e pera,
E 'l desio resti e mai non venga pieno,
Così che lasso cor giunga la sera. 

Giacomo Leopardi
(Extrait du poème L'approche de la mort)

samedi 28 janvier 2012

ouvre une fenêtre, dans ton coeur emmuré, sa main


au lever du jour, c'est l'été
celui qui mène les chevaux aux champs
chante de tout son cœur
les cuisses tout contre le dos robuste de l'une des bêtes

© Lou Raoul

jeudi 12 janvier 2012

war da ankane, ne selaoues ket *

*sur ton haquenée, tu n'écoutes pas

et dans la cuisine table ronde toile cirée télé écran plat dans un coin de la pièce,
la femme saute sur son haquenée, elle n'écoute pas ne selaou ket
pour les lapins une poignée de foin, un bout de betterave, un peu d'eau

tu seras pour revenir encore
 
© Lou Raoul

vendredi 30 décembre 2011

ce qui est à vivre est à

Nationale

La nationale est partout la même
ce qui est à vivre est à varier.
La ligne blanche même courbe
est le fil de conduite. Autour les
arbres et les feuilles composent,
d’un vert à l’autre, sans rime particulière.
Bien qu’ identique j’ose croire être différent,
que je double ou pas.

© Fabrice Farre,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://fabrice.farre.over-blog.com/
 

samedi 24 décembre 2011

tu questionnes la statue qui parle

© Graeme Williams pour la photo 
et avec son aimable autorisation,
son site  http://www.graemewilliams.co.za/


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mercredi 21 décembre 2011

au téléphone tu n'peux pas


plusieurs morceaux faïence papier
tu disposes, Else, des emballages des boîtes des pots et puis des tubes des piles de feuilles plusieurs morceaux faïence papier du temps entier quelques plants verts c'est tout en rangs c'est bien rangé tu ne réponds pas au téléphone, tu comptes aussi les pommes de terre les trilles d'oiseaux et toutes les heures de ton silence quand Sven revient tu lèves la tête

Lou Raoul, extrait de Sven, © Éditions Gros textes 2011

mardi 29 novembre 2011

de ton lointain l'étoilé

On y est pour quelqu'un
quand le rêve pétrit
à distance les moraines

Alain Le Saux, Crucifiction, © Ed. Les Hauts Fonds

mardi 15 novembre 2011

tes pas de deux vers le Queffleuth


La terre rouge et l'eau du puits me suffisent. Nul ne peut me comprendre, pas même moi. Je suis peut-être un ange aux ailes brisées. C'est pour cela que les feuilles d'automne me reconnaissent.

Jean-Marie Kerwich, L'Évangile du gitan, © Éditions Mercure de France