espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

mardi 29 mai 2012

avec, oiseau mon oiseau




© Nancy Van Reeth pour le dessin intitulé La douleur 
et avec son aimable autorisation,
son site : http://www.nancy-vanreeth.net/fr/

vendredi 18 mai 2012

peut-être que

 

les îles n'existent plus oiseau mon oiseau 
dans l'oasis tu es assis
peut-être que moi aussi 
                                           
© L Raoul

jeudi 10 mai 2012

dans ta main de silence



Nombreux sont ceux qui choisissent de se taire quand la vie leur inflige les plus cuisantes brûlures, d'ailleurs, les mots ne sont souvent que des pierres inertes, des vêtements élimés et usés. Ils peuvent également être de mauvaises herbes, de dangereux vecteurs d'infections, des planches vermoulues qui ne supporteraient pas le poids d'une fourmi et d'autant moins celui d'un homme. Pourtant, ils sont l'une des rares choses qui demeurent à portée de main lorsque tout semble se jouer de nous. Gardez bien cela à l'esprit. N'oubliez pas non plus ce que nul ne comprend : les mots les plus insignifiants et les plus improbables peuvent, sans qu'on s'y attende, se charger d'un lourd fardeau et conduire la vie pour la sauver par-delà les plus vertigineuses crevasses.

Jón Kalman Stefánsson, La tristesse des anges, © Éditions Gallimard

mercredi 9 mai 2012

(si) aujourd'hui me demande (si)



l'amour de mon oiseau pousse des ailes et quand elles s'abattent sur mon visage c'est un sursaut qu'importe ce que j'ai été aujourd'hui me demande
 
© L Raoul

jeudi 19 avril 2012

qu'alors la vie


Parfois, ils marchent de front et c'est beaucoup mieux parce que des traces de pas posées les unes à côté des autres sont preuve de connivence et qu'alors la vie n'est pas aussi solitaire.

Jón Kalman Stefánsson, Entre ciel et terre, © Éditions Gallimard

mercredi 18 avril 2012

à s'égosiller


Quatre hommes attendaient la venue des anges dans un étang. De l'eau jusqu'aux aisselles, de longues trainées boueuses sur le visage et de grands yeux hébétés, ils se croyaient les derniers humains de la terre. Avec eux dans la lumière dorée, un orignal qui avait aussi trouvé refuge dans l'étang et, perché sur l'épaule du plus jeune d'entre eux, celui qui a raconté, un oiseau pépiait à s'égosiller. 


Jocelyne Saucier, Il pleuvait des oiseaux, © XTZ éditeur

vendredi 13 avril 2012

la nuit d'oiseau


allons la nuit les nuits je ne dors pas allons mon oiseau 
je te pose dehors sur ma tête allons pour aller je dis 
ça tout comme ça très autre chose 

© LRaoul

lundi 9 avril 2012

indañ an inisi *

* sous les îles

I go to these places
Intending to think
To think of nothing
No anticipate
 

© PJ Harvey, Silence / White Chalk


mercredi 4 avril 2012

... qu'il / elle dit




Il a pensé et il a dit :  " Que faire de toutes ces ombres,
de toutes ces traces trouvées en chemin ?
Les taire, bouche cousue,
Les jeter au fond d'un trou, au fond d'un puits ?
Les brûler peut-être ? "
Et, il a encore dit : " Mais qu'elles soient dans la terre,
en cendre ou tout au fond du plus profond des océans,
elles resteront gravées à jamais dans ma mémoire."

Julien Simon, Un drôle de silence, © Ed. Lansman / Collection Phonuscrits Des Radiophonies, 2010



vendredi 30 mars 2012

ta pâture


et bien sûr quelques uns s'approcheront pour brouter et riront bien fort
et pour tout ton plaisir
(qui aussi bien entre les pages ou sur tes images se répand,
 gouttelettes)

ni ma bouche
ni ma nuque
ni mes hanches
ni mes mains
ni les pointes de mes seins

moi je n'ai rien à vendre

© LRaoul

lundi 12 mars 2012

gravats gris


dans les gravats gris traînent des ailes d'anges

Bernard Noël, Le reste du voyage, © Ed. POL

lundi 27 février 2012

copeaux de mots

Saute sur les bêtes sur le breuil la
Mort ailleurs ce qui s’oublie les voitures
Mal englouties remplies de temps d’éclats
Éparpillés copeaux de mots sur
D’autres mots comme on croit fuir ô fracas
Château d’aiguilles déchiquetées sciure
Sur le sang au bas des marches un rat
Tel un récit et toutes ses chaussures
D’air jusqu’à se taire serrer les murs
L’eau les portes les fentes contre soi

Bernard Vargaftig, Et l'un l'autre Bruna Zanchi, © Éditions Belfond





vendredi 24 février 2012

des passages à niveau

Cheminot pendant quarante ans, il manœuvrait les barrières des passages à niveau et s'occupait des aiguillages; pendant quarante ans, comme pour moi, le boulot avait été son seul plaisir et, une fois retraité, il n'aurait pu vivre sans lui. Il s'acheta un vieux poste d'aiguillage d'une ancienne gare désaffectée, l'installa dans son jardin; ses copains, anciens chauffeurs-mécaniciens, dénichèrent à la ferraille une toute petite loco qui avait servi à trimbaler le minerai des hauts fourneaux, une petite loco Ohrenstein et Kopel avec ses rails et trois wagonnets, ils construisirent un circuit entre les arbres du vieux jardin...

Bohumil Hrabal, Une trop bruyante solitude, © Éditions du Seuil 1997

mardi 7 février 2012

mercredi 1 février 2012

à ta porte


Les anges resteront, ineffaçables coquilles.
Gli angeli resteranno, inespungibili refusi.

Eugenio Montale
(Extrait du poème Là-bas / Laggiù 1969, Satura)

mardi 31 janvier 2012

ta valise, d'autres pages

Je n'ai vu comme l'espoir tombe et se perd,
Comme demeure le désir et jamais n'est empli,
Si bien que le cœur lassé touche le soir.

Non vidi come speme cada e pera,
E 'l desio resti e mai non venga pieno,
Così che lasso cor giunga la sera. 

Giacomo Leopardi
(Extrait du poème L'approche de la mort)

samedi 28 janvier 2012

ouvre une fenêtre, dans ton coeur emmuré, sa main


au lever du jour, c'est l'été
celui qui mène les chevaux aux champs
chante de tout son cœur
les cuisses tout contre le dos robuste de l'une des bêtes

© Lou Raoul

jeudi 12 janvier 2012

war da ankane, ne selaoues ket *

*sur ton haquenée, tu n'écoutes pas

et dans la cuisine table ronde toile cirée télé écran plat dans un coin de la pièce,
la femme saute sur son haquenée, elle n'écoute pas ne selaou ket
pour les lapins une poignée de foin, un bout de betterave, un peu d'eau

tu seras pour revenir encore
 
© Lou Raoul

vendredi 30 décembre 2011

ce qui est à vivre est à

Nationale

La nationale est partout la même
ce qui est à vivre est à varier.
La ligne blanche même courbe
est le fil de conduite. Autour les
arbres et les feuilles composent,
d’un vert à l’autre, sans rime particulière.
Bien qu’ identique j’ose croire être différent,
que je double ou pas.

© Fabrice Farre,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://fabrice.farre.over-blog.com/
 

samedi 24 décembre 2011

tu questionnes la statue qui parle

© Graeme Williams pour la photo 
et avec son aimable autorisation,
son site  http://www.graemewilliams.co.za/


FirstPrevious


mercredi 21 décembre 2011

au téléphone tu n'peux pas


plusieurs morceaux faïence papier
tu disposes, Else, des emballages des boîtes des pots et puis des tubes des piles de feuilles plusieurs morceaux faïence papier du temps entier quelques plants verts c'est tout en rangs c'est bien rangé tu ne réponds pas au téléphone, tu comptes aussi les pommes de terre les trilles d'oiseaux et toutes les heures de ton silence quand Sven revient tu lèves la tête

Lou Raoul, extrait de Sven, © Éditions Gros textes 2011