espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

vendredi 1 novembre 2013

jedan godina, Kim *






C'était venu lentement et puis ça y était ça commençait et puis ç'avait été un peu plus vite et puis ça y était vraiment ça arrivait et puis c'était arrivé et puis ça durait et puis bon on y était et quand on y est on en est là sauf que maintenant on ne s'en soucie pas tellement.

Gertrude Stein, Ida, © Éditions du Seuil 1978


jeudi 24 octobre 2013

diw c'har an diwez-amzer, Kim *

* les jambes de l'arrière saison, Kim

 
 Jean-Marc Undriener pour la photo,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://www.fibrillations.net


 

Personne ne me demande si j'ai l'intention de passer l'hiver au milieu d'eux ; la formule qu'ils utilisent de préférence, c'est : "Alors comme ça, vous allez essayer de faire l'hiver ici ? "

Rick Bass, Winter,  © Éditions Hoëbeke 1998

mardi 8 octobre 2013

the shed by the edge, Kim *

* le hangar près de la lisière, Kim


Qu'est-ce que vous aimez le plus, demandait-il, et elle disait : j'aime être là où je suis. Oh disait-il tout excité, et où êtes-vous. Je ne suis pas ici, disait-elle, je fais bien attention à ça. Non je ne suis pas ici, disait-elle, c'est très agréable, ajoutait-elle en se tournant légèrement, très agréable vraiment de ne pas être ici.

Gertrude Stein, Ida, © Éditions du Seuil 1978

jeudi 19 septembre 2013

her light house, Kim *


* son phare, Kim

 © Masao Yamamoto 

Comment est le silence lorsqu'il est si grand que l'on ne peut le comprendre ?  Lorsqu'il a glissé de sa place et se sent plus lourd que la foudre.
C'est seulement quelqu'un qui navigue hors des forêts. Peut-être n'est-ce pas tellement important. S'arrange tranquillement et avec force. 

Tarjeï Vesaas, La barque le soir, © Éditions Corti 2012


dimanche 18 août 2013

while their feet in a cool water, Kim *


* tandis que leurs pieds dans une eau fraîche, Kim


je suis une langue qui se trace contre le temps qui repasse
celle qui dit que les histoires sont des enveloppes pour la
                       peau que les histoires sont des prétextes dit
                       qu'une histoire de soi plus vraie qu'une
                       autre n'existe pas de jour comme de nuit

Corinne Le Lepvrier, Langues / je viens,  © Éditions La Porte 2013

jeudi 15 août 2013

her necklace too, Kim *

 * son collier aussi, Kim

 Jean-Marc Undriener pour la photo,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://www.fibrillations.net

*
eh dites

" tu écris toujours ? me demande-t-elle au stand 
mitoyen sa vendeuse est partie en vacances 
_ oui je réponds finissant d'agencer 
en façade une caisse ça commence 
à peine_ et qu'est-ce qui t'inspire ? 
je ne sais trop que dire enfin montrant l'allée
 la place balayée par le vent montant 
du sud ce matin les gens :
 _ ça "

Thierry Le Pennec,  Jour de marché,  © Éditions Le Chat qui tousse 2013

vendredi 2 août 2013

her groove, Kim *

* son sillon, Kim

 © Rosedray pour la photo,  
avec son aimable autorisation

Le jour où je m'arrêtai devant un champ de maïs et où j'écoutai le bruissement des longues tiges sèches qui bougent dans l'air, je me rappelai quelque chose que j'avais oublié depuis longtemps. Derrière le champ, un terrain en montée, il y avait le ciel vide. "Ça c'est un endroit où il faut revenir", me dis-je et je m'enfuis presque aussitôt sur ma bicyclette comme si je devais porter la nouvelle à quelqu'un qui était loin. C'est moi qui était loin, loin de tous les champs de maïs et de tous les ciels vides.

Cesare Pavese, extrait de Vacances d'août / Oeuvres, Editions Gallimard - Quarto 2008

vendredi 12 juillet 2013

somewhere else, Kim's day *


* quelque part d'autre, le jour de Kim


              Entre les murs de pierre - et c'est là que l'on préfère être seul, vous est-il dit lorsque l'on est admis là dans son rêve las, lourd comme plomb.
             Comprends pas. Des murs de pierre, qu'ai-je à y faire ? Qu'ai-je à faire entre les murs de pierre.
             On répond :
             Cela aussi était une question.
             Par la suite, l'idée vous en vient.

Tajeï Vesaas, La barque le soir, © Éditions Corti 2012


mardi 25 juin 2013

si ça se peut, Kim K


tout tenait ensemble ici demain comme tout tiendra ensemble ici hier, comme la buée sur la vitre qui empêche de voir les scintillements de la neige et sa fonte, qui ne parle pas forcément de perte ou de disparition, mais dit une eau claire qui lave les pierres et le ciel où le bleu devient suffisant pour s’y tailler un costume d’anniversaire
oui 

Rémi Chechetto, Puisement, © Éditions Tarabuste


mercredi 15 mai 2013

aussi avec ses pas de caoutchouc, Kim





 Jean-Marc Undriener pour la photo,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://www.fibrillations.net

mercredi 8 mai 2013

le cheval fauve dans la question de son temps, Kim

© Masao Yamamoto 


        je sors mes visages tant que j'y suis, les trains s’ébranlent, 
 les avions décollent, quais et parkings d'un monde qui n'existe
 pas, les peaux bronzées sous le ciel bleu font le tour du monde,
 surtout

        ne pas rester sur place, surtout ne pas trop s'éloigner, je
cours dans les bois de Caroline du Nord, au milieu des oiseaux
on entend la sonnerie des téléphones, j'évite d'un bond un long
serpent vert,

Paol Keineg, Abalamour, © Éditions Les Hauts Fonds 2012

mercredi 27 mars 2013

et son manteau, Kim


Les personnages de ce roman sont donc ceux qui marchent dans les champs et perdent leur chien et ceux qui ne marchent pas dans les champs parce qu'ils n'ont pas de vaches. 

Gertrude Stein, Qu'est-ce qu'elle voit quand elle ferme les yeux, © Éditions contrat maint 2002, Traduit de l’américain par Martin Richet

jeudi 14 mars 2013

félin fuyant


Deux Heures 

La nuit au goutte à goutte
(il ne pleut ici que des étoiles)
le cœur du métronome
et une joie qui vient ronronner.
 
Dans mes mots j’avais choisi un jour 
je t’aime et tout autre vocabulaire
félin fuyant maintenant jusqu’au fond
de la ville sous les petites lumières.
Ce soir, je suis là-bas
 
un instant, dans les mouvements
les voix et les rires des gens. Il est tard.
De ma terrasse sur les toits de zinc
je ne sais quelle heure choisir.

© Fabrice Farre,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://fabrice.farre.over-blog.com/


lundi 18 février 2013

et Kim, ses pas loin de tes risques, marcherait


C'est le soir. Elle ferme les volets. Elle tire à elle le bois mangé, les ferrailles crues, rivées dieu sait comment à ce qui résiste au vent, à l'orage, à son bras las qui tire. Dans la bascule de la lumière, son cœur. 
Chaque jour, un saut infime. Chaque jour, et rien.

Jeanne Benameur, Les demeurées, Éditions Folio

mardi 12 février 2013

des fougères dans la voix de Kim *

* ferns in Kim's voice


On n'a pas trouvé la bague secrète,
J'ai attendu pendant de longs jours,
Comme une fragile prisonnière
La chanson est morte près de mon cœur.

Anna Akhmatova, Requiem, Éditions Poésie / Gallimard

vendredi 28 décembre 2012

then Kim said to you : it's just a sleepless night, sweetheart *

* alors Kim te dit : c'est simplement une nuit blanche, chérie



Ne vois-tu pas
mon souffle lacéré ?

de ma bouche s'échappe
le verre brisé de la fenêtre

mes dents sont écarlates
ne me vois-tu pas ?

Hervé Bougel, Anévrisme, Éditions La Porte 2013

lundi 24 décembre 2012

nuit et jour, si tu gardes les clefs pour chez elle pénétrer



Pourvu que vous avanciez assez lentement, six ou sept mois sont bel et bien une éternité, si vous leur en donnez l'occasion - si vous oubliez les anciennes habitudes et en prenez des nouvelles. Une seule semaine peut durer un temps infini.

Rick Bass, Winter, Éditions Hoëbeke 1998

mardi 18 décembre 2012

straight ahead on the roundabout

* tout droit au rond point


Les oiseaux lancent des appels dans les bois, les colaptes dorés et les grives, et j'ai l'impression que ma vie est sur le point de me parler, tant ce sentiment d'attente, de promesse, est puissant. 

Rick Bass, Winter, Éditions Hoëbeke 1998

mercredi 5 décembre 2012

this spare room


De ma fenêtre

J'ai poussé la porte
de la montagne, convaincu
qu'elle n'y était plus. Alors
l'intense forêt sur ses flancs
est rentrée chez moi et je
me suis dispersé comme
un chant d'oiseau, entrant
soudain dans tes mains fermées.

Fabrice Farre, Les chants sans voix, Éditions Encres Vives, 2012
avec l'aimable autorisation de l'auteur,
son blog : http://fabrice.farre.over-blog.com/

vendredi 23 novembre 2012

Kim's attic



Il dit que tous les jours, peu avant sept heures, un homme s’avance, traverse la rue, s’arrête, se colle à la pierre rouge, caresse longuement celle-ci, d’abord du plat de la main puis avec sa joue droite et ses lèvres.

Jacques Josse, Terminus Rennes, Éditions Apogée, 2012




dimanche 18 novembre 2012

Abnormal People, Cyesm

Abnormal People

wings in your drawer *

* des ailes dans ton tiroir



l'oiseau ne bouge plus. il reste un corps dont l'immobile se repose légèrement. dont le calme est de froid. dont le givre ne s'efface pas.

Erwann Rougé, extrait de marais publié dans le numéro 22 de la revue N4728

mercredi 7 novembre 2012

pour alors


dans le silence revenu, nous prêts à nous dédire, à nous croire quittes ; comme si nos pas d'aucune façon n'allaient muets sur les planchers, et par vent du nord nos raisons meurtries sous les trappes rabattues d'en haut ; aux hiboux gîtant dans les combles, ils ont depuis belle lurette tranché bec et pattes

Mary-Laure Zoss, extrait de vers où paru dans le numéro 22 de la revue N4728