espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

vendredi 2 août 2013

her groove, Kim *

* son sillon, Kim

 © Rosedray pour la photo,  
avec son aimable autorisation

Le jour où je m'arrêtai devant un champ de maïs et où j'écoutai le bruissement des longues tiges sèches qui bougent dans l'air, je me rappelai quelque chose que j'avais oublié depuis longtemps. Derrière le champ, un terrain en montée, il y avait le ciel vide. "Ça c'est un endroit où il faut revenir", me dis-je et je m'enfuis presque aussitôt sur ma bicyclette comme si je devais porter la nouvelle à quelqu'un qui était loin. C'est moi qui était loin, loin de tous les champs de maïs et de tous les ciels vides.

Cesare Pavese, extrait de Vacances d'août / Oeuvres, Editions Gallimard - Quarto 2008

vendredi 12 juillet 2013

somewhere else, Kim's day *


* quelque part d'autre, le jour de Kim


              Entre les murs de pierre - et c'est là que l'on préfère être seul, vous est-il dit lorsque l'on est admis là dans son rêve las, lourd comme plomb.
             Comprends pas. Des murs de pierre, qu'ai-je à y faire ? Qu'ai-je à faire entre les murs de pierre.
             On répond :
             Cela aussi était une question.
             Par la suite, l'idée vous en vient.

Tajeï Vesaas, La barque le soir, © Éditions Corti 2012


mardi 25 juin 2013

si ça se peut, Kim K


tout tenait ensemble ici demain comme tout tiendra ensemble ici hier, comme la buée sur la vitre qui empêche de voir les scintillements de la neige et sa fonte, qui ne parle pas forcément de perte ou de disparition, mais dit une eau claire qui lave les pierres et le ciel où le bleu devient suffisant pour s’y tailler un costume d’anniversaire
oui 

Rémi Chechetto, Puisement, © Éditions Tarabuste


mercredi 15 mai 2013

aussi avec ses pas de caoutchouc, Kim





 Jean-Marc Undriener pour la photo,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://www.fibrillations.net

mercredi 8 mai 2013

le cheval fauve dans la question de son temps, Kim

© Masao Yamamoto 


        je sors mes visages tant que j'y suis, les trains s’ébranlent, 
 les avions décollent, quais et parkings d'un monde qui n'existe
 pas, les peaux bronzées sous le ciel bleu font le tour du monde,
 surtout

        ne pas rester sur place, surtout ne pas trop s'éloigner, je
cours dans les bois de Caroline du Nord, au milieu des oiseaux
on entend la sonnerie des téléphones, j'évite d'un bond un long
serpent vert,

Paol Keineg, Abalamour, © Éditions Les Hauts Fonds 2012

mercredi 27 mars 2013

et son manteau, Kim


Les personnages de ce roman sont donc ceux qui marchent dans les champs et perdent leur chien et ceux qui ne marchent pas dans les champs parce qu'ils n'ont pas de vaches. 

Gertrude Stein, Qu'est-ce qu'elle voit quand elle ferme les yeux, © Éditions contrat maint 2002, Traduit de l’américain par Martin Richet

jeudi 14 mars 2013

félin fuyant


Deux Heures 

La nuit au goutte à goutte
(il ne pleut ici que des étoiles)
le cœur du métronome
et une joie qui vient ronronner.
 
Dans mes mots j’avais choisi un jour 
je t’aime et tout autre vocabulaire
félin fuyant maintenant jusqu’au fond
de la ville sous les petites lumières.
Ce soir, je suis là-bas
 
un instant, dans les mouvements
les voix et les rires des gens. Il est tard.
De ma terrasse sur les toits de zinc
je ne sais quelle heure choisir.

© Fabrice Farre,
avec son aimable autorisation,
son blog : http://fabrice.farre.over-blog.com/


lundi 18 février 2013

et Kim, ses pas loin de tes risques, marcherait


C'est le soir. Elle ferme les volets. Elle tire à elle le bois mangé, les ferrailles crues, rivées dieu sait comment à ce qui résiste au vent, à l'orage, à son bras las qui tire. Dans la bascule de la lumière, son cœur. 
Chaque jour, un saut infime. Chaque jour, et rien.

Jeanne Benameur, Les demeurées, Éditions Folio

mardi 12 février 2013

des fougères dans la voix de Kim *

* ferns in Kim's voice


On n'a pas trouvé la bague secrète,
J'ai attendu pendant de longs jours,
Comme une fragile prisonnière
La chanson est morte près de mon cœur.

Anna Akhmatova, Requiem, Éditions Poésie / Gallimard