Extract of this film based on norwegian poet and novelist Tarjei Vesaas' s novel Fuglane (The Birds).
espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes
espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes
vendredi 3 août 2018
Riječi 14
Extract of this film based on norwegian poet and novelist Tarjei Vesaas' s novel Fuglane (The Birds).
samedi 14 juillet 2018
Riječi 13
Shelters
Each shelter has at least two exits: a huge one, easy
to spot through field glasses, ans a narrow mouth
hidden in a birch copse behind the enemy. Before one
we drink hot coffee from spotlessly white china cups,
through the other we leave to pick neetles and wild carrots
on a moonless night. For every strong shelter there are
several weaker, which doesn't mean more lime and less cement
were used to construct them. In this regard equality prevails.
Michał Sobol, extract from Schrony, © Éditions Wydawnictwo Nisza 2016, poem translated from Polish by Antonia Lloyd-Jones
and about Michał Sobol : M Sobol
Each shelter has at least two exits: a huge one, easy
to spot through field glasses, ans a narrow mouth
hidden in a birch copse behind the enemy. Before one
we drink hot coffee from spotlessly white china cups,
through the other we leave to pick neetles and wild carrots
on a moonless night. For every strong shelter there are
several weaker, which doesn't mean more lime and less cement
were used to construct them. In this regard equality prevails.
Michał Sobol, extract from Schrony, © Éditions Wydawnictwo Nisza 2016, poem translated from Polish by Antonia Lloyd-Jones
and about Michał Sobol : M Sobol
lundi 25 juin 2018
vendredi 1 juin 2018
Riječi 11
Au début il y avait une pression dans sa poitrine quand la pierraille sautait comme ça, que la forêt grise se secouait sous lui et que le brouillard tantôt avalait les formes, tantôt dévoilait à moitié les membres puissants ; il y avait une pression en lui, il cherchait quelque chose comme des rêves perdus, mais il ne trouvait rien.
Georg Büchner, Lenz, © Éditions 1001 Nuits,1997
lundi 14 mai 2018
Riječi 10
Avec
mon petit sac à dos, je me suis retrouvé dans un appartement
gigantesque. Couché sur un lit tarabiscoté, je me levais, j'allais
vers la droite et je trouvais une grande salle de bains. Puis je me
relevais, j'allais vers la gauche et je trouvais encore une salle de
bains. L'une avait une douche, l'autre, une baignoire. J'avais un
sentiment d'absurdité en pensant à mon petit sac à dos avec deux
pauvres chemises, trois paires de chaussettes, une réserve de clopes
de Pologne et un Jim Beam acheté à l'aéroport. Et aux vingt mètres
qui séparaient mes deux salles de bains et leurs robinets plaqués
or.
Andrzej Stasiuk, Mon Allemagne, © Éditions Christian Bourgois, 2010
jeudi 3 mai 2018
Riječi 09
La veille de
l'arrivée de l'hiver (à ne pas confondre avec les premiers froids
d'automne lorsque la température descend à moins vingt), cet
arbuste* très rusé, dont la taille varie d'un mètre cinquante et
deux mètres, se couche sur le sol. Il s'étale par terre, il se
serre par terre de toutes ses forces. Il fait tout pour que sa
couverture de neige soit la plus épaisse possible. En plus, il sait
se glisser dessous au dernier moment, juste avant que le long hiver
de huit mois ne descende sur la Kolyma. Il se couvre avec la dernière
neige avant les fortes gelées.
(...)
Cette nuit,
dans la haute Kolyma où je suis maintenant, tous les pins nains se
sont couchés au sol. Ils ne se relèveront qu'à l'arrivée du
printemps, annonçant ainsi le début de la nouvelle saison. Ils
s'arracheront de sous la neige profonde, alors qu'on croit encore que
l'hiver ne cédera pas de sitôt, s'étirant vers la lumière, vers
le soleil. Ils sauront que c'en est fini du gel terrible, que le
printemps de la Kolyma ne va plus tarder.
* Il est question ici du pain nain.
Jacek Hugo Bader, Journal de
la Kolyma, © Éditions Noir
sur Blanc, 2015
mercredi 18 avril 2018
Riječi 08
Impossible de sortir, il pleut sans discontinuer, à 19h40 précises, on est obligé de rester à l'intérieur. Ce n'est pas facile, mais on n'a pas le choix. J'ai pensé toute la journée à cette chose étrange dans l'écriture mais aussi dans la lecture, et je me suis souvenu à quel point j'étais surpris quand je lisais Gertrude Stein. Jamais aucune écriture ne m'a autant étonné. Je n'arrive plus à me rappeler exactement où j'ai lu pour la première fois quelque chose sur Gertrude Stein, peut-être que quelqu'un m'avait parlé d'elle, mais je me souviens exactement où j'ai acheté son livre et je me souviens exactement ce qui s'est produit quand j'ai terminé de le lire, puis j'ai vu que le même miracle se reproduisait lorsque ma sœur Ivana a entrepris de lire Gertrude Stein. Elle m'a dit qu'elle n'avait jamais lu une chose aussi bizarre. Mais elle ne l'a pas seulement dit, je l'ai vu sur le visage de ma sœur lorsqu'elle prononçait ces mots, j'ai vu quelque chose dont j'ignorais totalement l'existence, comme ma sœur d'ailleurs, et que j'ignore même aujourd’hui, à part cet étonnement qui était le nôtre. Je suis en tous cas parfaitement convaincu qu'il s'agissait de l'écriture miraculeuse de Stein, car j'ai vu l'émerveillement sur le visage d'autrui, en l’occurrence celui de ma sœur.
Srdjan Valjarević, Le journal de l'hiver d'après, © Éditions Actes Sud, 2017
dimanche 1 avril 2018
Riječi 07
VENDREDI,
on passe difficilement. Tous craignent de manquer de nourriture jusqu'à lundi. Ça bouchonne sur le pont, au rond-point. Ce n'est pas à cause des fêtes qui approchent. A chaque début de week-end, on a l'impression que c'est bientôt Pâques. Les gens arrivent par familles entières. L'un pousse le chariot, les autres le remplissent. Ensuite, ils klaxonnent sur les parkings des magasins, ils klaxonnent sur le pont, sur la Grand-Place. Il pleut. Les gens ont sûrement tous une voiture. Ils viennent de Dieu sait où, dans des véhicules couverts de boue, rouillés, avec de l'argile jaune collée sur les roues. Certains sont suffisamment âgés pour savoir ce qu'est la faim. A présent, ils bourrent leurs caddies de nourriture, puis ils font la queue pour payer. Puis ils fourrent le tout dans des sacs, prennent les tickets de caisse et essaient de les lire à la lumière des néons. Ils mettent leurs sacs dans le coffre et repartent chez eux. Ensuite, les renards prennent les restes dans les poubelles.
Andrzej Stasiuk, Taksim, © Éditions Actes Sud, 2011
vendredi 23 mars 2018
Riječi 06
Nous déposons les bouteilles et les canettes à la consigne, en russe la priomka. Les bouteilles de bière Baltika sont les mieux payées : quatre-vingt kopeks, pour les Botchka, Stariy Midnik, Medvied, Solatov, Otchakovo, Tolstiak et Koziel, seulement quarante kopeks et pour l'Okhota, la Nevskoe et les canettes - vingt kopeks. Ils ne prennent pas les bouteilles de bière étrangères.
samedi 3 mars 2018
Riječi 05
30 mai – A l'aube, N.O. de
force 5. Bientôt après le déjeuner éclata une violente tourmente
de neige. Les champs de glace se
rapetissaient de plus en plus, nous forçant à nous servir de nos
kayaks de façon durable. A peine une flaque était-elle passée
qu'une autre était en vue. Parfois elles n'étaient séparés que
par 100 à 200 mètres. Ce sont peut-être ces formations, que nous
rencontrons maintenant de manière suivie, que Nansen compare à un
filet de pêcheur. Il semble en tout cas que nous soyons pris dans un
filet. Que Dieu nous accorde la force de sortir sains et saufs de ce
danger qui nous assiège !
Valerian Albanov, Au pays de la mort blanche, © Éditions Guérin, 2006
samedi 17 février 2018
Riječi 04
Не жалею, не зову, не плачу,
Всё пройдёт, как с белых яблонь дым.
Увяданья золотом охваченный,
Я не буду больше молодым.
Ты теперь не так уж будешь биться,
Сердце, тронутое холодком,
И страна берёзового ситца
Не заманит шляться босиком.
Дух бродяжий, ты всё реже, реже
Расшевеливаешь пламень уст.
О моя утраченная свежесть,
Буйство глаз и половодье чувств.
Я теперь скупее стал в желаньях,
Жизнь моя, иль ты приснилась мне?
Словно я весенней гулкой ранью
Проскакал на розовом коне.
Все мы, все мы в этом мире тленны,
Тихо льётся с клёнов листьев медь…
Будь же ты вовек благословенно,
Что пришло процвесть и умереть.
Всё пройдёт, как с белых яблонь дым.
Увяданья золотом охваченный,
Я не буду больше молодым.
Ты теперь не так уж будешь биться,
Сердце, тронутое холодком,
И страна берёзового ситца
Не заманит шляться босиком.
Дух бродяжий, ты всё реже, реже
Расшевеливаешь пламень уст.
О моя утраченная свежесть,
Буйство глаз и половодье чувств.
Я теперь скупее стал в желаньях,
Жизнь моя, иль ты приснилась мне?
Словно я весенней гулкой ранью
Проскакал на розовом коне.
Все мы, все мы в этом мире тленны,
Тихо льётся с клёнов листьев медь…
Будь же ты вовек благословенно,
Что пришло процвесть и умереть.
1921
*
Je
ne regrette rien, ni appels, ni larmes,
Tout
passera comme la blancheur des pommiers.
Saisi
par l'automne d'or déclinant,
Ma
jeunesse, comme tu es à jamais loin.
Tu
ne battras plus comme autrefois,
Mon
cœur pris, frissonnant aux premiers froids,
Et
au pays des cierges des blancs bouleaux
Je
n'irai plus me promener pieds nus.
Âme
errante ! Toujours plus rarement
Tu
attises la flamme de mes lèvres.
Ô
ma fraîcheur perdue
Ô
mes regards, mes élans, mes fièvres.
Chaque
jour, plus sobre, moins désirant.
Ô
ma vie, ne fut-elle qu'un rêve?
Comme
si, au printemps, à l'aube sonore,
Je
galopais sur un coursier rose.
Nous
sommes en ce monde tous mortels,
Vois
couler le cuivre des érables...
Ah
! Que soit à jamais béni
Ce
qui est venu fleurir et mourir.
(Première
parution en 1921)
Sergueï
Essénine, La Confession d'un Voyou, © Éditions
L'âge d'homme, 2013
samedi 3 février 2018
Riječi 03
Les
blanchisseuses
Sur
la rive neuf blanchisseuses
En
silence lèvent les bras,
Et
je ne comprends vraiment pas
Ce
qu'elles font avec leurs bras.
Neuf
femmes rincent le linge.
Une
épreuve de lumière et de son
Dans
mon enfance, et mon être
Surgit
ainsi en une haute science.
J'étais
donc là, debout, un peu bête,
Doutant
de ma soudaine vision,
Je
séparais à jamais ce chant
De
la marche connue du monde.
1970
Varlam
Chalamov, Cahiers
de la Kolyma et autres poèmes, © Éditions Maurice Nadeau, 2016
dimanche 14 janvier 2018
Riječi 02
Une Skoda grise s'estompait dans l'ombre verte des arbres, mais en réalité, elle disparaissait dans le temps. Elle avançait dans un tunnel creusé dans l'immobilité.
Andrzej Stasiuk, Fado, © Éditions Bourgois, 2009
Andrzej Stasiuk, Fado, © Éditions Bourgois, 2009
lundi 8 janvier 2018
Riječi 01
Je restais simplement assis et je regardais tout. Comme ces vieux paysans de Pologne, de Hongrie ou de Roumanie. Quand ils cessent de travailler, quand ils peuvent enfin se reposer dans la vie, ils s'asseyent sur un banc devant leur maison et ils regardent. Ils regardent le monde comme on regarde un film. Ils restent immobiles, les mains posées sur les genoux et, de temps en temps seulement, ils battent des paupières ou prennent une cigarette. Jusqu'à la tombée de la nuit.
Andrzej Stasiuk, Mon Allemagne, © Éditions Christian Bourgois, 2010
samedi 30 décembre 2017
samedi 9 décembre 2017
vendredi 24 novembre 2017
samedi 11 novembre 2017
vendredi 3 novembre 2017
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