espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes

lundi 18 février 2013

et Kim, ses pas loin de tes risques, marcherait


C'est le soir. Elle ferme les volets. Elle tire à elle le bois mangé, les ferrailles crues, rivées dieu sait comment à ce qui résiste au vent, à l'orage, à son bras las qui tire. Dans la bascule de la lumière, son cœur. 
Chaque jour, un saut infime. Chaque jour, et rien.

Jeanne Benameur, Les demeurées, Éditions Folio

mardi 12 février 2013

des fougères dans la voix de Kim *

* ferns in Kim's voice


On n'a pas trouvé la bague secrète,
J'ai attendu pendant de longs jours,
Comme une fragile prisonnière
La chanson est morte près de mon cœur.

Anna Akhmatova, Requiem, Éditions Poésie / Gallimard

vendredi 28 décembre 2012

then Kim said to you : it's just a sleepless night, sweetheart *

* alors Kim te dit : c'est simplement une nuit blanche, chérie



Ne vois-tu pas
mon souffle lacéré ?

de ma bouche s'échappe
le verre brisé de la fenêtre

mes dents sont écarlates
ne me vois-tu pas ?

Hervé Bougel, Anévrisme, Éditions La Porte 2013

lundi 24 décembre 2012

nuit et jour, si tu gardes les clefs pour chez elle pénétrer



Pourvu que vous avanciez assez lentement, six ou sept mois sont bel et bien une éternité, si vous leur en donnez l'occasion - si vous oubliez les anciennes habitudes et en prenez des nouvelles. Une seule semaine peut durer un temps infini.

Rick Bass, Winter, Éditions Hoëbeke 1998

mardi 18 décembre 2012

straight ahead on the roundabout

* tout droit au rond point


Les oiseaux lancent des appels dans les bois, les colaptes dorés et les grives, et j'ai l'impression que ma vie est sur le point de me parler, tant ce sentiment d'attente, de promesse, est puissant. 

Rick Bass, Winter, Éditions Hoëbeke 1998

mercredi 5 décembre 2012

this spare room


De ma fenêtre

J'ai poussé la porte
de la montagne, convaincu
qu'elle n'y était plus. Alors
l'intense forêt sur ses flancs
est rentrée chez moi et je
me suis dispersé comme
un chant d'oiseau, entrant
soudain dans tes mains fermées.

Fabrice Farre, Les chants sans voix, Éditions Encres Vives, 2012
avec l'aimable autorisation de l'auteur,
son blog : http://fabrice.farre.over-blog.com/

vendredi 23 novembre 2012

Kim's attic



Il dit que tous les jours, peu avant sept heures, un homme s’avance, traverse la rue, s’arrête, se colle à la pierre rouge, caresse longuement celle-ci, d’abord du plat de la main puis avec sa joue droite et ses lèvres.

Jacques Josse, Terminus Rennes, Éditions Apogée, 2012