Nous déposons les bouteilles et les canettes à la consigne, en russe la priomka. Les bouteilles de bière Baltika sont les mieux payées : quatre-vingt kopeks, pour les Botchka, Stariy Midnik, Medvied, Solatov, Otchakovo, Tolstiak et Koziel, seulement quarante kopeks et pour l'Okhota, la Nevskoe et les canettes - vingt kopeks. Ils ne prennent pas les bouteilles de bière étrangères.
espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes
espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes
vendredi 23 mars 2018
samedi 3 mars 2018
Riječi 05
30 mai – A l'aube, N.O. de
force 5. Bientôt après le déjeuner éclata une violente tourmente
de neige. Les champs de glace se
rapetissaient de plus en plus, nous forçant à nous servir de nos
kayaks de façon durable. A peine une flaque était-elle passée
qu'une autre était en vue. Parfois elles n'étaient séparés que
par 100 à 200 mètres. Ce sont peut-être ces formations, que nous
rencontrons maintenant de manière suivie, que Nansen compare à un
filet de pêcheur. Il semble en tout cas que nous soyons pris dans un
filet. Que Dieu nous accorde la force de sortir sains et saufs de ce
danger qui nous assiège !
Valerian Albanov, Au pays de la mort blanche, © Éditions Guérin, 2006
samedi 17 février 2018
Riječi 04
Не жалею, не зову, не плачу,
Всё пройдёт, как с белых яблонь дым.
Увяданья золотом охваченный,
Я не буду больше молодым.
Ты теперь не так уж будешь биться,
Сердце, тронутое холодком,
И страна берёзового ситца
Не заманит шляться босиком.
Дух бродяжий, ты всё реже, реже
Расшевеливаешь пламень уст.
О моя утраченная свежесть,
Буйство глаз и половодье чувств.
Я теперь скупее стал в желаньях,
Жизнь моя, иль ты приснилась мне?
Словно я весенней гулкой ранью
Проскакал на розовом коне.
Все мы, все мы в этом мире тленны,
Тихо льётся с клёнов листьев медь…
Будь же ты вовек благословенно,
Что пришло процвесть и умереть.
Всё пройдёт, как с белых яблонь дым.
Увяданья золотом охваченный,
Я не буду больше молодым.
Ты теперь не так уж будешь биться,
Сердце, тронутое холодком,
И страна берёзового ситца
Не заманит шляться босиком.
Дух бродяжий, ты всё реже, реже
Расшевеливаешь пламень уст.
О моя утраченная свежесть,
Буйство глаз и половодье чувств.
Я теперь скупее стал в желаньях,
Жизнь моя, иль ты приснилась мне?
Словно я весенней гулкой ранью
Проскакал на розовом коне.
Все мы, все мы в этом мире тленны,
Тихо льётся с клёнов листьев медь…
Будь же ты вовек благословенно,
Что пришло процвесть и умереть.
1921
*
Je
ne regrette rien, ni appels, ni larmes,
Tout
passera comme la blancheur des pommiers.
Saisi
par l'automne d'or déclinant,
Ma
jeunesse, comme tu es à jamais loin.
Tu
ne battras plus comme autrefois,
Mon
cœur pris, frissonnant aux premiers froids,
Et
au pays des cierges des blancs bouleaux
Je
n'irai plus me promener pieds nus.
Âme
errante ! Toujours plus rarement
Tu
attises la flamme de mes lèvres.
Ô
ma fraîcheur perdue
Ô
mes regards, mes élans, mes fièvres.
Chaque
jour, plus sobre, moins désirant.
Ô
ma vie, ne fut-elle qu'un rêve?
Comme
si, au printemps, à l'aube sonore,
Je
galopais sur un coursier rose.
Nous
sommes en ce monde tous mortels,
Vois
couler le cuivre des érables...
Ah
! Que soit à jamais béni
Ce
qui est venu fleurir et mourir.
(Première
parution en 1921)
Sergueï
Essénine, La Confession d'un Voyou, © Éditions
L'âge d'homme, 2013
samedi 3 février 2018
Riječi 03
Les
blanchisseuses
Sur
la rive neuf blanchisseuses
En
silence lèvent les bras,
Et
je ne comprends vraiment pas
Ce
qu'elles font avec leurs bras.
Neuf
femmes rincent le linge.
Une
épreuve de lumière et de son
Dans
mon enfance, et mon être
Surgit
ainsi en une haute science.
J'étais
donc là, debout, un peu bête,
Doutant
de ma soudaine vision,
Je
séparais à jamais ce chant
De
la marche connue du monde.
1970
Varlam
Chalamov, Cahiers
de la Kolyma et autres poèmes, © Éditions Maurice Nadeau, 2016
dimanche 14 janvier 2018
Riječi 02
Une Skoda grise s'estompait dans l'ombre verte des arbres, mais en réalité, elle disparaissait dans le temps. Elle avançait dans un tunnel creusé dans l'immobilité.
Andrzej Stasiuk, Fado, © Éditions Bourgois, 2009
Andrzej Stasiuk, Fado, © Éditions Bourgois, 2009
lundi 8 janvier 2018
Riječi 01
Je restais simplement assis et je regardais tout. Comme ces vieux paysans de Pologne, de Hongrie ou de Roumanie. Quand ils cessent de travailler, quand ils peuvent enfin se reposer dans la vie, ils s'asseyent sur un banc devant leur maison et ils regardent. Ils regardent le monde comme on regarde un film. Ils restent immobiles, les mains posées sur les genoux et, de temps en temps seulement, ils battent des paupières ou prennent une cigarette. Jusqu'à la tombée de la nuit.
Andrzej Stasiuk, Mon Allemagne, © Éditions Christian Bourgois, 2010
samedi 30 décembre 2017
samedi 9 décembre 2017
vendredi 24 novembre 2017
samedi 11 novembre 2017
vendredi 3 novembre 2017
dimanche 29 octobre 2017
jeudi 12 octobre 2017
20 Most
Les poissons rouges
Tous les matins je pars pêcher
des rames sur l'épaule et un harpon à la main,
je descends sur la côte rocheuse et regarde
un vieil homme sortir de la mer
avec ses doigts tremblants des algues,
des os de seiche, des pinces de crabes amassés,
les disposer à côté de lui sur une pierre plate
les disposer soigneusement, trembler pour eux
et les cacher devant moi, effrayé
Tous les matins je pars pêcher
de magnifiques poissons rouges.
Antun Šoljan, extrait de L'homme troué, © Éditions L'ollave 2013
jeudi 28 septembre 2017
lundi 11 septembre 2017
mercredi 30 août 2017
lundi 7 août 2017
jeudi 27 juillet 2017
15 Most
tombée de nuit à l'est
le gâteau à la pistache disparaît en une bouchée.
le chanteur aveugle a changé de coiffure,
s'est rasé, a mis une nouvelle chemise.
le son n'est pas quelque chose à quoi on consent.
il entaille tous nos points cardinaux
et fait éclater nos repères.
en haut c'est en bas, en bas c'est l'ouest,
l'est vient plus tard et ainsi
pendant quarante mille kilomètres.
le taximètre ne marche pas au crépuscule
pendant que le pont entre les continents est paralysé.
quel côté est le plus ténébreux ?
toujours celui que tu approches.
peu de mois figurent sur le menu,
et c'est déjà l'heure de fermeture :
les trompettistes sautillent,
les batteurs emportent les journaux et la glace :
il est trop tard pour le shopping et la pause.
tu ramasses tes sachets et tu sors :
il fait chaud, il fait froid
entre tes jambes.
Branko Čegec, extrait de Lune pleine à Istanbul, © Éditions L'ollave 2012
mercredi 12 juillet 2017
mardi 20 juin 2017
13 Most
Most
du milieu d'une année
du milieu d'un chemin entamé en janvier 2017
(voir à partir du post 01 Most)
tendu au-dessus des eaux
de quels remous
de quels tourbillons
Inscription à :
Articles (Atom)