espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes
vendredi 18 novembre 2022
drugi vrt 8
mardi 1 novembre 2022
drugi vrt 7
And Beauty is.. Sally Crabtree
And Beauty is..
1.
And Beauty is..
The way the leaves unfold and hold light
The way they speak and say “If we might,
May we just have a little more light?
Can’t get enough of this light ..”
And Beauty says
“Of course, that’s alright”
Beauty’s always got more
Whatever you’ve seen
Whatever you saw
Beauty’s always got more
She’s got so much, it’s scattered on the floor
Why don’t you pick it up when you go?
Pick it up ‘cos you know she’s got more
and it’s just scattered, oh well
Pick it up when you go
Pick it up ‘cos you know she’s got more and more and more..
2.
And Beauty is..
The way the shadows of the leaves dance
The way they move with sunlight when they’ve the chance
To hula hoop around that tree
It says “Who’s got one last dance for me?”
And Beauty always puts up her hand and says “Me”
Beauty’s always got more
Whatever you’ve seen
Whatever you saw
Beauty’s always got more
She’s got so much, it’s scattered on the floor
Why don’t you pick it up when you go?
Pick it up ‘cos you know she’s got more
and it’s just scattered, oh well
Pick it up when you go
Pick it up ‘cos you know she’s got more and more and more..
3.
& Beauty is..
The way the words for ‘green’ sit on the tongues
Of leaves
How they’re not heard but seen, they’re sung
So many words for green
Have you ever seen?
And Beauty taught them each and every one
Beauty’s always got more
Whatever you’ve seen
Whatever you saw
Beauty’s always got more
She’s got so much, it’s scattered on the floor
Why don’t you pick it up when you go?
Pick it up ‘cos you know she’s got more
and it’s just scattered, oh well
Pick it up when you go
Pick it up ‘cos you know she’s got more..
Sally Crabtree
dimanche 23 octobre 2022
vendredi 7 octobre 2022
drugi vrt 5
Les piétons se font plus rares
Tout à l’heure c’était la fête de la gare
a 150 ans
à treize heures par la machine à vapeur
Treize heures et trente et une minute, quel progrès
Banderoles, chansons, photos d’antan
Un Paris-Brest géant a été confectionné par les pâtissiers
de la ville
C’était aussi la fête au port pour l’inauguration
de l’hydrolienne Sabella
qui bientôt à Ouessant s’en ira
Dix ans de travail acharné
de belles perspectives économiques à la clé
les badauds, les musiciens
remontent maintenant du port
tandis que ceux qui étaient à la gare descendent
tranquillement
par deux, par cinq, avec des poussettes, des imperméables
des smartphones
et des enfants en bas-âge qui dépiautent des bonbons
Le soir arrive, l’air s’embrume, c’est samedi
Les jours allongent
Et volètent déjà de petites mouches nées de la chaleur
de ce mois d’avril exceptionnellement beau
dimanche 25 septembre 2022
mercredi 7 septembre 2022
drugi vrt 4
Bajaga I Instruktori - Život je nekad siv nekad žut
Zivot je, nekad siv, nekad zutZivot je (2x) ovaj put (2x)
za mene zabrinut
dimanche 14 août 2022
drugi vrt 3
Les vagues de longueurs variables, comme le sont les mots, et rangées en lignes parallèles, telles des caractères d’imprimerie, se déplaçaient de la gauche vers la droite, au gré des vents dominants de secteur ouest. Ainsi donc, regarder les vagues dans la baie par tempête faisait mouvoir ses yeux exactement comme le faisait la lecture, et ses mers ressemblaient à des lignes en italiques, qu’elle cherchait à lire.
Annie Dillard, L’amour des Maytree, © Christian Bourgois éditeur 2008
jeudi 7 juillet 2022
mardi 7 juin 2022
jeudi 23 décembre 2021
vendredi 3 décembre 2021
Vrata 14
Même guidé par mes vers,
Je n’ai pu discerner dans
Ma nuit de quelque manière.
Parfois des traîneaux à rennes
Pouvaient passer il me semble
De l’autre côté de mon
Pupitre d’écolier, derrière
Ce pupitre au bord de la terre
Où j’ai compris la science des
Lois de la pitié, où mes mains
Feuilletaient les pages noires
D’un livre étrange, l’humaine
Tristesse et son dénuement,
Sans hochet comme sans fard,
Ultime transfiguration,
Le récit le plus banal.
Il m’a été donné tel. À
Domicile. Je le répète
Et je l’apprends. Un jour nous
Nous assoirons côte à côte
Et je te chuchoterai tout.
Varlam Chalamov, Cahiers de la Kolyma et autres poèmes, © Éditions Maurice Nadeau 2016
dimanche 21 novembre 2021
mercredi 3 novembre 2021
Vrata 12
On se tient sur le grand pont et on est quelqu’un sur le pont.
Mais qu’a-t-il bien pu se passer ?
Nul ne sait qui se tient comme ça sur le pont, qui regarde comme ça au fond de l’eau, qui vérifie du regard si l’oeil du fond du puits est lui aussi présent. Si c’est vrai, c’est qu’il est ici.
Tarjeï Vesaas, Les ponts, © Éditions Cambourakis 2021 / traduction en français du néo norvégien Jean-Baptiste Coursaud
dimanche 3 octobre 2021
vendredi 3 septembre 2021
Vrata 10
Viktor Krivouline, Poèmes après les poèmes (Anthologie présentée et traduite par Hélène Henry), © Éditions Les Hauts Fonds 2017
mardi 3 août 2021
Vrata 9
“ Treize enfants, six adultes, voilà combien nous étions. Devant la porte, il y avait une quantité de chaussures. Tu trébuchais avant d’entrer. Si tu n’as pas de bonnes semelles, tu ne peux pas bien vivre par ici, c’est clair. Maman rapiéçait, rapetassait. Mais si tu avais tout de même besoin de chaussures neuves, tu envoyais une lettre et quelques jours plus tard, la commune te les apportait. Ou de la farine. Ou des médicaments. C’était encore du temps de Tito. La commune s’occupait de tout. Mais malheur à toi si la commune décidait de prendre et non de donner. A ce moment-là, ce n’était pas un seul Bonhomme Hiver qui se pointait à ta porte avec une pleine hotte de chaussures, ils venaient à trois ou quatre, sortaient leurs cartes professionnelles, et ce n’était pas histoire de rompre le pain avec toi ” dit Sretoje (…)
Saša Stanišić, Origines, © Éditions Stock La Cosmopolite 2021
vendredi 23 juillet 2021
Vrata 8bis
J’ai mis fin à mes jours parce qu’on m’a sans cesse estropié,
Cinquante-sept ans durant, j’ai tout compris de travers
jusqu’à ce que j’examine l’envers du miroir.
Pas de naissance sans mort. Ça marche dans l’autre sens.
put on backward, the repairs eating up money and time.
For fifty-seven years I've had it all wrong
until I studied the other side of the mirror.
No birth before death. The other way around.
How pleasant to get off a horse in the middle of the lake
Jim Harrison, L’Éclipse de lune de Davenport et autres poèmes, traduction de l’américain de Jean-Luc Piningre, édition bilingue collection La petite Vermillon, © Éditions de la Table Ronde 2016
samedi 3 juillet 2021
mardi 8 juin 2021
Vrata 7
Faut voir ce qu'on prend, dès qu'on dit un peu quelque chose. Même le plus fou furieux mec du hip-hop n'est pas maltraité comme une femme. Pourtant, on sait ce que les Blancs pensent des Noirs. Il n'y a pas pire qu'être une femme jugée par des mecs. Tous les coups sont permis, à commencer par les plus crades. On n'est même pas des étrangères : on est sous-titrées, tout le temps, parce qu'on ne sait pas ce qu'on a à dire. On ne le sait pas aussi bien que les mâles dominants, qui sont habitués depuis des siècles à écrire des livres sur la question de notre féminité et de ce qu'elle implique. (...)
Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing, pas une vague promotion de la fellation ou de l'échangisme, il n'est pas seulement question d'améliorer les salaires d'appoint. Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution, bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air.
Virginie Despentes, King Kong Théorie, © Éditions Grasset 2006