L'un des champs, presque entièrement planté de coton poussé dru, par une de ses extrémités approche au plus près le mur de la maison, sur la gauche de celle-ci. Plus bas, dans une clairière où l'on a déboisé, une modeste parcelle de maïs. Le champ qui devant la maisson court sur une distance de deux cents mètres est couvert de maïs jeune, et doucement luit, mais abruptement le maïs cède. C'est au pied de grands arbres aux feuilles éclatantes, comme du vif-argent dans les lésions d'un air torride. Sur la droite de la maison, plus loin, une étendue rugueuse à mi-colline, en partie dénudée et striée par les pluies. Rien n'y a été planté, mais il y pousse une végétation sauvage, des ronces et des mûres, de l'herbe calcinée par les feux et qui reprend corps, de jeunes pins, et de petites îles ou cheminements d'arbustes. Une terre ouverte, dirait-on, pourtant bientôt aboutissant à la lisière nettement tracée de bois épanouis.
James Agee, Louons maintenant les grands hommes, © Editions Plon 2017



