LE MANQUE & Jessica Gallais / Oiseau Pier Paolo
espace laboratoire de Lou Raoul, avec fenêtres ouvertes
dimanche 25 septembre 2022
mercredi 7 septembre 2022
drugi vrt 4
Bajaga I Instruktori - Život je nekad siv nekad žut
Zivot je, nekad siv, nekad zutZivot je (2x) ovaj put (2x)
za mene zabrinut
dimanche 14 août 2022
drugi vrt 3
Les vagues de longueurs variables, comme le sont les mots, et rangées en lignes parallèles, telles des caractères d’imprimerie, se déplaçaient de la gauche vers la droite, au gré des vents dominants de secteur ouest. Ainsi donc, regarder les vagues dans la baie par tempête faisait mouvoir ses yeux exactement comme le faisait la lecture, et ses mers ressemblaient à des lignes en italiques, qu’elle cherchait à lire.
Annie Dillard, L’amour des Maytree, © Christian Bourgois éditeur 2008
jeudi 7 juillet 2022
mardi 7 juin 2022
jeudi 23 décembre 2021
vendredi 3 décembre 2021
Vrata 14
Même guidé par mes vers,
Je n’ai pu discerner dans
Ma nuit de quelque manière.
Parfois des traîneaux à rennes
Pouvaient passer il me semble
De l’autre côté de mon
Pupitre d’écolier, derrière
Ce pupitre au bord de la terre
Où j’ai compris la science des
Lois de la pitié, où mes mains
Feuilletaient les pages noires
D’un livre étrange, l’humaine
Tristesse et son dénuement,
Sans hochet comme sans fard,
Ultime transfiguration,
Le récit le plus banal.
Il m’a été donné tel. À
Domicile. Je le répète
Et je l’apprends. Un jour nous
Nous assoirons côte à côte
Et je te chuchoterai tout.
Varlam Chalamov, Cahiers de la Kolyma et autres poèmes, © Éditions Maurice Nadeau 2016
dimanche 21 novembre 2021
mercredi 3 novembre 2021
Vrata 12
On se tient sur le grand pont et on est quelqu’un sur le pont.
Mais qu’a-t-il bien pu se passer ?
Nul ne sait qui se tient comme ça sur le pont, qui regarde comme ça au fond de l’eau, qui vérifie du regard si l’oeil du fond du puits est lui aussi présent. Si c’est vrai, c’est qu’il est ici.
Tarjeï Vesaas, Les ponts, © Éditions Cambourakis 2021 / traduction en français du néo norvégien Jean-Baptiste Coursaud
dimanche 3 octobre 2021
vendredi 3 septembre 2021
Vrata 10
Viktor Krivouline, Poèmes après les poèmes (Anthologie présentée et traduite par Hélène Henry), © Éditions Les Hauts Fonds 2017
mardi 3 août 2021
Vrata 9
“ Treize enfants, six adultes, voilà combien nous étions. Devant la porte, il y avait une quantité de chaussures. Tu trébuchais avant d’entrer. Si tu n’as pas de bonnes semelles, tu ne peux pas bien vivre par ici, c’est clair. Maman rapiéçait, rapetassait. Mais si tu avais tout de même besoin de chaussures neuves, tu envoyais une lettre et quelques jours plus tard, la commune te les apportait. Ou de la farine. Ou des médicaments. C’était encore du temps de Tito. La commune s’occupait de tout. Mais malheur à toi si la commune décidait de prendre et non de donner. A ce moment-là, ce n’était pas un seul Bonhomme Hiver qui se pointait à ta porte avec une pleine hotte de chaussures, ils venaient à trois ou quatre, sortaient leurs cartes professionnelles, et ce n’était pas histoire de rompre le pain avec toi ” dit Sretoje (…)
Saša Stanišić, Origines, © Éditions Stock La Cosmopolite 2021
vendredi 23 juillet 2021
Vrata 8bis
J’ai mis fin à mes jours parce qu’on m’a sans cesse estropié,
Cinquante-sept ans durant, j’ai tout compris de travers
jusqu’à ce que j’examine l’envers du miroir.
Pas de naissance sans mort. Ça marche dans l’autre sens.
put on backward, the repairs eating up money and time.
For fifty-seven years I've had it all wrong
until I studied the other side of the mirror.
No birth before death. The other way around.
How pleasant to get off a horse in the middle of the lake
Jim Harrison, L’Éclipse de lune de Davenport et autres poèmes, traduction de l’américain de Jean-Luc Piningre, édition bilingue collection La petite Vermillon, © Éditions de la Table Ronde 2016
samedi 3 juillet 2021
mardi 8 juin 2021
Vrata 7
Faut voir ce qu'on prend, dès qu'on dit un peu quelque chose. Même le plus fou furieux mec du hip-hop n'est pas maltraité comme une femme. Pourtant, on sait ce que les Blancs pensent des Noirs. Il n'y a pas pire qu'être une femme jugée par des mecs. Tous les coups sont permis, à commencer par les plus crades. On n'est même pas des étrangères : on est sous-titrées, tout le temps, parce qu'on ne sait pas ce qu'on a à dire. On ne le sait pas aussi bien que les mâles dominants, qui sont habitués depuis des siècles à écrire des livres sur la question de notre féminité et de ce qu'elle implique. (...)
Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing, pas une vague promotion de la fellation ou de l'échangisme, il n'est pas seulement question d'améliorer les salaires d'appoint. Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour les autres. Une révolution, bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air.
Virginie Despentes, King Kong Théorie, © Éditions Grasset 2006
jeudi 3 juin 2021
jeudi 13 mai 2021
samedi 24 avril 2021
dimanche 21 février 2021
Vrata 2b
Août 2017 - Le gouvernement d'Emmanuel Macron retire cinq euros par mois aux Français les plus précaires, il retient cinq euros par mois sur les aides sociales qui permettent aux plus pauvres en France de se loger, de payer un loyer. Le même jour, ou presque, peu importe, il annonce une baisse des impôts pour les personnes les plus riches de France. Il pense que les pauvres sont trop riches, que les riches ne sont pas assez riches. Son gouvernement précise que cinq euros, ce n'est rien. Ils ne savent pas. Ils prononcent ces phrases criminelles parce qu'ils ne savent pas. Emmanuel Macron t'enlève la nourriture de la bouche.
Edouard Louis, Qui à tué mon père, © Éditions du Seuil 2018
samedi 20 février 2021
dimanche 3 janvier 2021
Vrata 1
mardi 8 décembre 2020
Kolodvor 12
après la guerre
je
faisais semblant de ne pas être un oiseau
dans l’eau
j’attelais deux mondes
je m’offrais aux écailles
ils
étaient indulgents envers mes fausses branchies
je passais en
douce de l’oxygène et de l’amour
aux poissons et aux
plantes aquatiques
leur reconnaissance grandissait avec les
algues et cela ne nous gênait pas
d’être mal intégrés et
moqués
cela ne nous gênait pas
que sur la côte nos
jouets soient cassés
comme les liens de proximité
que
tout soit cassé sauf l’eau qui court trop vite
pour qu’on
puisse l’attraper
Monika Herceg, Ciel sous tension, © Éditions de l’Ollave, 2019
jeudi 5 novembre 2020
Kolodvor 11
une nuit claire, chaude et douce comme la face interne de tes cuisses, ce matin-là tu dormiras tard, le jour tu te réveilleras, la nuit tu seras à moitié avec moi, somnolente, derrière les fenêtres le vent balaiera la neige, toujours, toujours, une avalanche, derrière les fenêtres les paumes gelées par la gelée touchent la peau blanche des pommiers, le jardin s'étend presque nu à travers une large étendue à perte de vue, lourdes et lentes, les mères mortes étendent les draps de lit battus à blanc, leurs robes à fleurs qui reviennent rarement en rêve, froufroutent
ô douce, ma douce, tu m'offres à moi, faible et vide
Vladas Braziunas, Grandes sont les nuits, © Éditions L'Harmattan, 2007
samedi 3 octobre 2020
Kolodvor 10
essai sur la poésie
juste pas trop vite. ça doit être fait le plus lentement
possible, il faut mettre les bons accents, du raffinement.
jeudi 3 septembre 2020
Kolodvor 9
Trieste Umberto Saba
popolosa in principio, in là deserta,
chiusa da un muricciolo :
un cantuccio in cui solo
siedo ; e mi pare che dove esso termina
termini la città.
grazia. Se piace,
è come un ragazzaccio aspro e vorace,
con gli occhi azzurri e mani troppo grandi
per regalare un fiore ;
come un amore
con gelosia.
scopro, se mena all’ingombrata spiaggia,
o alla collina cui, sulla sassosa
cima, una casa, l’ultima, s’aggrappa.
circola ad ogni cosa
un’aria strana, un’aria tormentosa,
l’aria natia.
ha il cantuccio a me fatto, alla mia vita
pensosa e schiva.
Trieste
J’ai traversé toute la ville.
Puis j’ai pris un raidillon,
fermé par un muret :
un petit coin où seul
je m’assieds ; et on dirait que là où il s’achève,
s’achève la ville.
rebelle. Si elle séduit,
elle est telle un mauvais garçon, âpre et vorace,
aux yeux bleus et aux mains trop grandes
pour faire cadeau d’une fleur ;
elle est comme un amour
tout empli de jalousie.
chacune de ses rues, qu’elles mènent à la plage fourmillante
ou bien à la colline où, sur la crête
pierreuse, s’accroche la dernière des bâtisses.
Alentour
enserrant toute chose
un air étrange, un air de tourment,
l’air de la terre natale.
possède son petit coin juste à ma mesure, fait pour ma vie
méditative et retirée.
Traduction © Valérie Brantôme, 2013
samedi 8 août 2020
samedi 11 juillet 2020
Kolodvor 7
samedi 13 juin 2020
Kolodvor 6
jeudi 14 mai 2020
Kolodvor 5
Gazmend Kapllani, Je m'appelle Europe, © Éditions Intervalles, 2012
mardi 7 avril 2020
Kolodvor 4
mardi 3 mars 2020
Kolodvor 3
La glace de son corps fond
sous ses paumes.
L'automne des fruits sous ses doigts s'éveille.
L'automne de sa chair.
Il lui dit : ton corps a le parfum
de la mousse sous le fruit.
Cela dit,
deux forêts de pensées têtues
se divisent sur deux versants opposés.
Des caresses de leurs mains, ils abattent
les murailles de rocs séparant leurs yeux.
Il lui dit : je suis saoul de tes jambes.
Elle lui répond :
je suis poussière de l'arc-en-ciel de ton souffle.
Elle lui murmure :
mon corps est baptisé par ton parfum.
Puis ils restent allongés, tout à fait tranquilles.
Au-dessous d'eux, très profondément, bruissent
les deux forêts enchaînées dans la glace.
Mais ils restent allongés, silencieux à la surface du silence.
A ce point muets qu'ils entendent
s'élever entre eux un barrage immense.
Par-dessus, l'eau glacée déborde.
Dane Zajc, La poésie slovène contemporaine, anthologie © Éditions Seghers, 1971
samedi 8 février 2020
Kolodvor 2
Les murs souffrent des gobelins de ma mère,
La petite jeune fille coiffée d'un bonnet, La Pirate, Jean le Sale
et plus encore des photographies accrochées à côté d'eux :
le mariage de ma sœur, la réception du président.
Aujourd'hui, ils ont accroché aussi mon diplôme à un clou
et il se trouvera une place pour quelque médaille du travail.
Demain on collera le calendrier Orthodoxe
à côté de l'autre qui, dit-on, compte le temps autrement.
Tous ceux qui viennent laissent quelques traces d'eux-mêmes,
ils collent de petites photos et des ventouses en plastique,
et suspendent leurs ombres autour de l'horloge murale
sur des patères à peine clouées.
Il m'a fallu ensuite jusqu'à l'aube,
étayer les murs avec ma vie
en attendant l'arrivée des ouvriers pour les bétonner à nouveau.
Les murs s'endormirent, moi, j'ai failli mourir.
Ne les réveillez pas à coups de marteaux, ne les réveillez pas, oh non,
Laissez-les nus et moi seule avec eux et moi seule avec eux.
Lidja Dimkovska, Comment c'est Kako e et autres poèmes, © Éditions Al Manar, 2018
vendredi 3 janvier 2020
Kolodvor 1
Sergueï Lebedev, L'année de la comète, © Éditions Verdier, 2016
samedi 14 décembre 2019
Svjetlosna godina 14
J'agitais mes ailes puissantes, en bas glissaient
Les prés bleutés, les saules, une rivière serpentine.
Voici le château et ses douves, à côté les jardins
Où se promène mon aimée.
Mais au retour je dus veiller
A ne pas perdre le livre magique
Glissée dans ma ceinture. Je n'arrivais jamais
A m'élever très haut - et j'approchais des montagnes.
Avec peine j'atteignis la crête dominant la forêt
Rouillée de feuilles de chêne et de châtaignier.
Là, une main invisible jetait des ramilles
A des oiseaux gravés sur une branche sèche
Pour me faire descendre par des moyens magiques.
Je tombai. Elle me tint sur son gant -
Moi devenu faucon aux plumes tachées de sang -
La Sorcière du Désert. Au château elle avait découvert
Les incantations écrites dans mon livre.
Czeslaw Milosz, Enfant d'Europe, © Éditions L'Age d'Homme, 1980
jeudi 7 novembre 2019
Svjetlosna godina 13
Georg Büchner, Lenz, © Editions Chambon/Le Rouergue, 2006
mardi 8 octobre 2019
Svjetlosna godina 12
Au cimetière étrange de Lofoten
L'horloge du dégel tictaque lointaine
Au cœur des cercueils pauvres de Lofoten
Et grâce aux trous creusés par le noir printemps
Les corbeaux sont gras de froide chair humaine
Et grâce au maigre vent à la voix d'enfant
Le sommeil est doux aux morts de Lofoten
Et pourtant c'est en moi comme si j'aimais
Ce lointain coin de terre et toute sa peine
Vous disparus, vous suicidés, et vous lointaines
Au cimetière étrange de Lofoten
- Le nom sonne à mon oreille étrange et doux.
Vraiment, dites-moi, dormez vous, dormez-vous ?
- Tu pourrais me conter des choses plus drôles
Beau claret dont ma coupe d'argent est pleine.
Des histoires plus charmantes et moins folles ;
Laisse-moi tranquille avec ton Lofoten.
Il fait bon. Dans le foyer doucement traîne
La voix du plus mélancolique des mois.
- Ah ! les morts, y compris ceux de Lofoten -
Les morts, les morts sont au fond moins morts que moi.
Oscar Vladislas de Lubicz Milosz, © Éditions André Silvaire
vendredi 13 septembre 2019
Svjetlosna godina 11
samedi 31 août 2019
Svjetlosna godina 10
mercredi 14 août 2019
Svjetlosna godina 9
Ils nous ordonnèrent d'emballer nos effets, car la maison allait être brûlée.
Il restait du temps pour écrire une lettre, mais cette lettre je l'avais avec moi.
Nous posâmes nos paquets et nous assîmes contre le mur.
Ils nous regardèrent ajouter un violon aux paquets.
Mes enfants ne pleuraient pas. Gravité et curiosité.
Un soldat apporta un jerrycan d'essence. D'autres
Arrachaient les rideaux.
Czeslaw Milosz, Enfant d'Europe, © Editions l'Age d'Homme 1980
jeudi 25 juillet 2019
Svjetlosna godina 8
dimanche 7 juillet 2019
Svjetlosna godina 7
L'autre jour, dans la rue, il s'est effondré, carrément,
tombé sur le côté, en claquant comme un cercueil.
Personne n'a levé les yeux
Pourquoi est-il tombé, pourquoi s'est-il effondré
Les gens se sont attroupés pour décider
Ils discutent discrètement en petits groupes.
Miroslav Kirin, poème traduit par Brankica Radić et paru dans Décharge 182 / Juin 2019
jeudi 27 juin 2019
Svjetlosna godina 6
Georg Büchner, Lenz, © Editions Chambon/Le Rouergue, 2006
vendredi 7 juin 2019
Svjetlosna godina 5
je vais rester ici au tournant de la route de la courbure
de la haie au bout du promontoire à la cime
de la montagne aux bras ouverts de la mer à l'estuaire
du fleuve je vais rester ici
les pommes rouges les poires juteuses la semelle des chaussures
ne s'usent pas
tu marches pieds nus en vêtements légers
fin d'été mais l'hiver ne vient pas
tu peux t'asseoir ici à l'heure où la nuit tombe
on entend les rossignols les lumières s'allument
devant les grandes tables petits dîners du couchant
avec des papillons de nuit dîners d'ivresse
le remède tu l'as mangé
le remède une fleur
le remède est le remède
l'oubli c'est chaque instant nouveau début
et je ne sais pas d'où je viens je ne veux pas revenir
le remède le toujours aujourd'hui toujours
Phoebe Giannisi, extrait de Anthologie poétique / Voix de la Méditerranée 17e édition, © Editions La passe du vent, 2014
lundi 13 mai 2019
Svjetlosna godina 4
lundi 1 avril 2019
Svjetlosna godina 3
ŠUMSKI - Prijatelji se sele na selo
Prijatelji se sele na selo
Tekst pesme
Prijatelji se sele na selo
A neki sreću traže u manjem gradu
Prijatelji sada žive zdravo
Prijatelji jeduzdravu hranu
Prijatelji se povlače u sebe
Prijatelji su daleko od mene
Prijatelji se sele na zapad
Prijatelji se sele zbog straha
Prijateljima ponestaje daha
Jer je voda došla do grla
Prijatelji bježe od mraka
Da li si već kupio kartu
Da li si okopao vrt
Da li si upalio vatru
Da li si prevario smrt
Da li imaš ili nemaš
Da li možeš ili ne
Da li želiš to što imaš
Misliš li da to je sve
Prijatelji se sele na selo
Prijatelji se sele na nebo
Šumski
mardi 19 février 2019
Svjetlosna godina 2
dimanche 20 janvier 2019
Svjetlosna godina 1
Georg Büchner, Lenz, © Editions 1001Nuits,1997
mercredi 19 décembre 2018
Riječi 20
ne t’enflamme pas là-bas
là-bas où les mots n’ont pas encore été
grappes de souffles humains
marchent le matin derrière eux
leur blanches caravanes
blanches pages du cahier
et le mot ne se dit pas
le mot on l’est tout simplement
dimanche 18 novembre 2018
mardi 13 novembre 2018
Riječi 18
samedi 13 octobre 2018
Riječi 17
Ossip Mandelstan, Voyage en Arménie, © Editions L'Age d'Homme, 1973